La pression monte à Washington contre Kigali. Alors que l’accord de paix emblématique défendu par l’administration Trump pour stabiliser l’est de la République démocratique du Congo montre de sérieux signes d’essoufflement, le Congrès américain envisage désormais des sanctions ciblées contre le Rwanda. Dans le même temps, le vice-président J.D. Vance s’est officiellement saisi du dossier congolais, signe d’un durcissement de la position américaine, selon Africa Report.
Plusieurs élus démocrates et républicains expriment ouvertement leur frustration face à la persistance de l’insécurité dans l’est de la RDC, malgré les engagements diplomatiques pris ces derniers mois. Des rapports concordants d’experts des Nations unies et d’organisations internationales accusent le Rwanda de soutenir activement les rebelles du M23, une implication que Kigali continue de nier.
Face à l’absence de progrès tangibles sur le terrain, des parlementaires américains évoquent des sanctions économiques et diplomatiques ciblées, visant des responsables rwandais et des institutions clés, si aucune désescalade réelle n’est observé.
Présenté comme une initiative phare de la diplomatie américaine en Afrique centrale, l’accord de paix soutenu par l’ancien président Donald Trump visait à ramener la stabilité dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, en favorisant le dialogue régional et la coopération sécuritaire. Or, la reprise des combats, les déplacements massifs de populations civiles et la persistance des groupes armés remettent sérieusement en cause sa crédibilité.
Pour Washington, l’échec de cet accord constituerait non seulement un revers diplomatique majeur, mais aussi une menace pour la stabilité régionale et les intérêts stratégiques américains dans les Grands Lacs.
L’implication directe du vice-président J.D. Vance marque un tournant. Jusqu’ici traité principalement par le Département d’État, le dossier congolais est désormais suivi au plus haut niveau de l’exécutif américain. Selon des sources proches de la Maison-Blanche, Vance entend « réévaluer l’approche américaine » vis-à -vis de la RDC et du Rwanda, avec un accent particulier sur la responsabilité des acteurs régionaux.
Cette prise en main personnelle est interprétée comme un signal fort adressé à Kigali : la patience de Washington atteint ses limites.
Pour le Rwanda, longtemps considéré comme un partenaire stratégique des États-Unis en Afrique, le contexte devient délicat. Une éventuelle adoption de sanctions par le Congrès pourrait affecter l’aide militaire, les relations économiques et l’image internationale du pays.
Du côté de Kinshasa, cette évolution est perçue comme une victoire diplomatique. Les autorités congolaises multiplient depuis plusieurs mois les démarches pour obtenir une reconnaissance internationale de ce qu’elles qualifient « d’agression rwandaise ».
Alors que les lignes bougent à Washington, les prochaines semaines s’annoncent décisives. Entre pressions diplomatiques, menaces de sanctions et recomposition des alliances, le dossier de l’est du Congo s’impose désormais comme un enjeu majeur de la politique étrangère américaine en Afrique.
Rédaction
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