À Tshikapa, chef-lieu de la province du Kasaï, la société Énergie du Congo (EDC) se retrouve au centre d’une vive controverse. En cause : une dette estimée à près de 9 milliards de francs congolais envers les autorités provinciales, soulevant de sérieuses préoccupations sur le respect de ses obligations fiscales et la transparence dans la gestion de ses activités.
Selon plusieurs sources concordantes, la Direction Générale des Recettes du Kasaï (DGRKAS) ne parvient actuellement à percevoir qu’une seule taxe auprès de cette entreprise, celle liée à la production d’électricité. Pourtant, la législation en vigueur prévoit au moins neuf taxes différentes que l’entreprise devrait s’acquitter régulièrement au profit de la province. Cette situation met en lumière des failles importantes dans le mécanisme de collecte des recettes publiques, mais aussi un possible manque de rigueur dans le suivi administratif.
Au-delà de l’aspect financier, cette affaire intervient dans un contexte particulièrement difficile pour les habitants de Tshikapa. La desserte en électricité demeure largement insuffisante, marquée par des coupures fréquentes, une faible couverture et une qualité de service jugée déplorable. Pour de nombreux ménages et opérateurs économiques, cette crise énergétique constitue un frein majeur au développement local.
Face à cette double problématique — dette fiscale et déficit énergétique — la population hausse le ton. Des voix s’élèvent pour exiger des autorités provinciales et nationales une intervention urgente afin de contraindre l’EDC à honorer ses engagements et à améliorer significativement la fourniture en électricité.
Certains analystes estiment que cette situation pourrait révéler un problème plus profond de gouvernance dans le secteur énergétique provincial, où l’absence de contrôle strict et de mécanismes de redevabilité favorise des dérives préjudiciables à l’intérêt public.
Dans ce contexte, plusieurs pistes sont évoquées : un audit indépendant de la gestion de l’EDC, le renforcement des capacités de la DGRKAS en matière de recouvrement fiscal, ainsi que la révision des contrats et conventions liant la société à la province.
Pour les habitants de Tshikapa, l’urgence reste toutefois ailleurs : retrouver un accès stable et fiable à l’électricité, condition essentielle pour améliorer leur quotidien et relancer les activités économiques locales.
Moïse KASHALA
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