L’icône ivoirienne du reggae francophone, Tiken Jah Fakoly, revient sur le devant de la scène avec un nouveau titre engagé, en collaboration avec l’artiste congolais Decastro. L’annonce a été faite le mercredi 21 janvier 2026, à travers un extrait de 21 secondes du clip partagé sur ses réseaux sociaux. Une phrase marque particulièrement les esprits :
« Mutamba, tu me rappelles Lumumba. »
La référence n’est pas anodine. En évoquant Constant Mutamba, ancien ministre de la Justice de la République démocratique du Congo, Tiken Jah inscrit son morceau dans une lecture politique clair et assumée de l’actualité congolaise. Le parallèle avec Patrice Lumumba situe Mutamba parmi les figures perçues comme sacrifiées pour leurs convictions et leur engagement au service de la justice. Le titre, dont la sortie est prévue ce vendredi, s’annonce autant comme un acte artistique qu’un geste politique.
Dans le message accompagnant l’extrait, Tiken Jah Fakoly écrit :
« Le combat continue en musique. »
Le ton est clair : la musique reste une arme pacifique au service des causes justes. Fidèle à son style, le chanteur utilise ce nouveau titre pour continuer sa tradition de chansons sans compromis, où la critique politique se mêle à l’art et à l’émotion.
Né en 1968 à Odienné, en Côte d’Ivoire, Tiken Jah Fakoly est l’une des figures majeures de la musique engagée africaine. Depuis les années 1990, il est le porte-voix du reggae panafricain, héritier de Bob Marley mais profondément ancré dans les réalités africaines. Ses chansons dénoncent la corruption, les dictatures, le néocolonialisme et la manipulation des peuples.
Menacé dans son pays et contraint à l’exil, Tiken Jah n’a jamais renoncé à sa parole. Son engagement dépasse la musique à travers des actions concrètes pour l’éducation et la souveraineté culturelle. Chaque titre devient le prolongement d’un combat politique assumé.
Nommé ministre d’État, ministre de la Justice et garde des Sceaux, Constant Mutamba arrive au gouvernement avec une image de réformateur. Il promet de restaurer l’autorité de la loi et de lutter contre les dérives du système judiciaire. Ses actions, comme la libération de détenus illégalement incarcérés et la modernisation d’infrastructures judiciaires, contrastent avec les pratiques politiques habituelles et suscitent à la fois espoirs et résistances.
Mutamba dérange rapidement : il s’attaque aux pratiques contraires à l’État de droit et se met en opposition avec des réseaux influents. Son combat est perçu par ses partisans comme un acte de courage, par ses détracteurs comme une imprudence politique.
En 2025, Mutamba est rattrapé par une affaire judiciaire liée à un présumé détournement de fonds publics. La levée de ses immunités, son procès et sa condamnation marquent brutalement la fin de son parcours gouvernemental. Celui qui incarnait une promesse de rupture devient une figure controversée et divisée.
En chantant Mutamba, Tiken Jah Fakoly ne se contente pas de rendre hommage à un homme. Il interroge le prix du courage politique, celui payé par ceux qui défient les puissants au nom de la vérité et de l’amour de la nation. Le reggae redevient alors ce qu’il a toujours été : une tribune pour les voix que le pouvoir tente de faire taire.
Rédaction
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