La tension politique monte au Sud-Ubangi après une correspondance du Vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, exigeant du gouverneur titulaire de céder l’intérim à son adjoint et d’organiser une remise et reprise.
Une démarche vivement contestée par les députés provinciaux, qui dénoncent ce qu’ils qualifient de « tentative de déstabilisation institutionnelle » dans une province déjà fragilisée par sa situation géographique et sécuritaire.
Selon plusieurs élus provinciaux, aucune procédure judiciaire ni décision formelle ne justifierait l’exigence faite au gouverneur du Sud-Ubangi de se dessaisir temporairement de ses fonctions. Ils affirment qu’à ce stade, aucune invitation officielle de la justice n’aurait été adressée au chef de l’exécutif provincial.
Les députés évoquent par ailleurs des « irrégularités » dans la correspondance signée par le VPM, estimant que la démarche ne s’appuierait sur aucun fondement légal clair.
Les élus alertent également sur les conséquences sécuritaires potentielles d’une telle décision. Le Sud-Ubangi partage une longue frontière avec la République Centrafricaine, une zone régulièrement exposée à des mouvements armés et à des tensions transfrontalières.
Certains députés évoquent même la présence signalée d’éléments militaires étrangers dans les zones frontalières, estimant qu’un vide ou une crise institutionnelle au sommet de la province pourrait fragiliser davantage le dispositif sécuritaire local.
Les députés provinciaux s’interrogent également sur ce qu’ils considèrent comme un traitement différencié des gouverneurs. Ils citent notamment les cas de Grâce Bilolo au Kongo-Central et du gouverneur de la Tshopo, qui, selon eux, n’auraient pas fait l’objet de mesures similaires lors de leurs interpellations respectives.
Pour ces élus, cette disparité soulève des interrogations sur la cohérence et l’équité dans la gestion des dossiers des exécutifs provinciaux par le ministère de l’Intérieur.
Alors que le climat politique reste tendu, les députés provinciaux appellent au respect strict des procédures légales et à la préservation de la stabilité institutionnelle du Sud-Ubangi. Ils exhortent le gouvernement central à privilégier le dialogue et la transparence afin d’éviter toute crise susceptible d’affaiblir davantage cette province stratégique du nord-ouest de la RDC.
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