Le Conseil supérieur de la communication et des médias (CSAC) et l’Union nationale de la presse du Congo (UNPC), section du Sud-Kivu, ont pris des mesures disciplinaires à l’encontre de l’émission « Samedi Miracle », diffusée sur Bukavu FM, à la suite de propos tenus lors d’une émission diffusée le 15 août 2026 et rediffusée le lendemain.
Dans une décision conjointe rendue publique ce samedi 22 août, les deux instances professionnelles des médias ont également sanctionné le présentateur Claude Kashonga ainsi que l’intervenant Blaise Maseka.
Selon la décision du CSAC et de l’UNPC, Blaise Maseka aurait tenu au cours de l’émission des propos qualifiés notamment d’« irrévérencieux, blasphématoires, calomnieux, médisants et disgraciants ».
Les deux institutions reprochent par ailleurs au présentateur Claude Kashonga de ne pas avoir suffisamment recadré son intervenant face à des déclarations jugées contraires aux exigences d’éthique et de déontologie journalistiques.
D’après le document, le présentateur aurait demandé à l’intervenant de retirer certains propos, mais ce recadrage n’aurait pas été considéré comme suffisamment ferme par les instances professionnelles.
La décision conjointe n°001/DKT/EBM/UNPC/CSAC/SK/2026 prévoit la suspension de l’émission « Samedi Miracle » pour une durée de 30 jours, à compter du 22 août 2026.
Cette mesure vise directement le programme diffusé sur Bukavu FM et intervient dans le cadre des sanctions prises après l’examen des faits rapportés.
Le présentateur de l’émission, Claude Kashonga, est pour sa part suspendu pendant 45 jours, soit du 22 août au 7 octobre 2026.
Durant cette période, la décision lui interdit notamment de participer à des programmes radiophoniques et de signer certaines productions médiatiques, notamment des articles, reportages, magazines, spots ou publicités.
Le journaliste avait été convoqué pour présenter ses moyens de défense devant les responsables de la Centrale de Monitoring des Médias, présentée comme le siège provisoire de l’UNPC au Sud-Kivu. Selon la décision, il ne s’est pas présenté à cette séance.
L’intervenant Blaise Maseka fait également l’objet d’une mesure d’interdiction d’intervention dans les médias pendant trois mois.
Cette interdiction concerne, selon la décision, les médias établis au Sud-Kivu ainsi que ceux captés dans la province.
Le CSAC et l’UNPC rappellent que les professionnels des médias sont tenus au respect des règles d’éthique et de déontologie qui encadrent leur profession.
Les deux institutions préviennent également que le non-respect des mesures arrêtées pourrait conduire à la saisine des autorités judiciaires et administratives compétentes.
Cette affaire relance ainsi le débat sur la responsabilité éditoriale des journalistes et animateurs, particulièrement lors des émissions en direct où les propos des intervenants peuvent rapidement échapper au contrôle de l’antenne.
Pour les instances professionnelles, la liberté d’expression dans les médias doit s’exercer dans le respect des principes de responsabilité, d’éthique et de déontologie journalistiques.
La décision est signée par Darius Kitoka, président sectionnaire de l’UNPC Sud-Kivu, et Emmanuel Bafa Mbilizi, coordonnateur du CSAC Sud-Kivu.
Source : décision conjointe n°001/DKT/EBM/UNPC/CSAC/SK/2026, rendue publique à Bukavu le 22 août 2026.
Les accusations et qualifications rapportées dans cet article sont celles formulées par le CSAC et l’UNPC dans leur décision. Elles sont attribuées à ces institutions et ne constituent pas une appréciation indépendante de la rédaction.
Bertin Byamungu
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