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Sud-Kivu : la société civile accuse la coordination nationale du PDDRC-S de bafouer les instructions du Président Tshisekedi

Une vive controverse secoue le Programme de Désarmement, Démobilisation, Relèvement Communautaire et Stabilisation (PDDRC-S) dans l’Est de la République démocratique du Congo. Des agents du programme, issus des provinces du Sud-Kivu, du Nord-Kivu et de l’Ituri, soutenus par des organisation...

Une vive controverse secoue le Programme de Désarmement, Démobilisation, Relèvement Communautaire et Stabilisation (PDDRC-S) dans l’Est de la République démocratique du Congo. Des agents du programme, issus des provinces du Sud-Kivu, du Nord-Kivu et de l’Ituri, soutenus par des organisations de la société civile, accusent le coordonnateur national du PDDRC-S, Me Jean de Dieu Tanga Ntita, de torpiller les instructions du chef de l’État relatives à leur prise en charge administrative et financière.

Réunis ce mardi à Bukavu, les représentants des agents dénoncent ce qu’ils qualifient de pratiques discriminatoires et illégales, notamment le blocage du paiement de 42 mois d’arriérés de salaires dus aux agents affectés dans les zones en conflit. Olivier Batumike, l’un des porte-parole des agents concernés, affirme que cette situation persiste malgré des directives claires émanant des plus hautes autorités du pays.

Selon les agents et la société civile, le gouvernement congolais, à travers la Primature et le ministère de la Défense nationale, avait formellement instruit les services concernés de ne pas révoquer, pénaliser ou discriminer les agents travaillant dans les zones affectées par l’insécurité. Ces directives, prises sur instruction du président de la République Félix Tshisekedi, visaient au contraire à garantir leur protection administrative et le paiement de leurs droits, en reconnaissance du contexte particulièrement difficile dans lequel ils exercent leurs fonctions.

Toutefois, ces orientations seraient aujourd’hui ouvertement remises en cause par la coordination nationale du PDDRC-S. La société civile affirme que Me Jean de Dieu Tanga Ntita soutiendrait une position contraire, allant jusqu’à remettre en question le statut même des agents restés dans les zones de conflit.

Toujours selon les dénonciateurs, le coordonnateur national aurait déclaré que les agents opérant dans les zones en conflit ne feraient plus partie du PDDRC-S, leur reprochant de ne pas avoir quitté ces zones. Il aurait également estimé que l’État congolais « perd de l’argent gratuitement » en continuant à les prendre en charge, affirmant que cette décision viendrait directement du président de la République.

Des déclarations que la société civile juge graves, infondées et dangereuses, car elles exposent davantage des agents déjà vulnérables et créent une confusion institutionnelle autour de la position réelle du chef de l’État.

La tension est montée d’un cran à l’issue d’une réunion tenue par visioconférence le vendredi 9 janvier 2026, au cours de laquelle Me Jean de Dieu Tanga Ntita aurait annoncé aux agents leur mise en congé technique imminente. Cette mesure aurait été justifiée par une instruction attribuée au président de la République, transmise par son directeur de cabinet, Anthony Nkinzo Kamole, en raison de l’incapacité du gouvernement à honorer les 42 mois de prestations de service.

Une annonce qui suscite incompréhension et indignation parmi les agents concernés. « Devons-nous cesser d’être des citoyens congolais parce que nous vivons et travaillons dans des zones en guerre ? », s’interrogent-ils, dénonçant une forme d’abandon de l’État dans les régions les plus touchées par l’insécurité.

Face à cette situation, la société civile et les agents du PDDRC-S appellent le gouvernement congolais à se désolidariser clairement des décisions attribuées à la coordination nationale du programme. Ils demandent une clarification officielle des déclarations jugées contradictoires, ainsi qu’un réexamen urgent, juste et conforme à la loi de la situation administrative et financière des agents impayés.

Ils exhortent enfin les autorités à respecter l’esprit et la lettre des instructions du président de la République, afin d’éviter une crise sociale supplémentaire dans une région déjà fragilisée par des années de conflits armés.

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