À Uvira, dans la province du Sud-Kivu, William Amuri Yakutumba, chef du groupe armé Wazalendo – CNPCS, est sorti de son silence par une déclaration publique sans détour, visant à clarifier la nature des combats en cours dans la région de Minembwe, souvent entourés de confusions et d’accusations contradictoires.
Face à la population et à plusieurs acteurs locaux, Yakutumba a affirmé que les affrontements menés par son mouvement ciblent exclusivement les éléments de l’AFC/M23/ARC, et non les populations civiles. Il a insisté sur le fait que les civils ne doivent en aucun cas être pris pour cibles, ni subir des violences, des pillages ou des exactions liées au conflit.
Dans son discours, le chef du CNPCS a rappelé que toute autorité civile ou militaire appelée à se rendre à Minembwe porte la responsabilité morale et légale de garantir la sécurité des habitants, de protéger leurs biens en particulier le bétail, ressource vitale pour les communautés locales et de veiller au strict respect des droits humains.
William Yakutumba a également tenu à souligner un point sensible et souvent instrumentalisé : le statut des populations de Minembwe. Il a rappelé que celles-ci ont été reconnues comme Congolais d’origine par la Constitution de 2006, adoptée par référendum, appelant ainsi à mettre fin aux discours de stigmatisation et d’exclusion qui alimentent les tensions communautaires.
Dans un contexte sécuritaire toujours marqué par l’instabilité dans l’ensemble du Kivu, cette prise de parole publique se distingue par un discours axé sur la protection des civils, le respect du cadre constitutionnel et la responsabilisation des acteurs armés.
Si elle ne suffit pas à elle seule à résoudre un conflit complexe et ancien, cette déclaration ouvre néanmoins une fenêtre étroite mais nécessaire vers une désescalade, fondée sur la reconnaissance des droits, la coexistence pacifique et la restauration progressive de la confiance entre communautés locales et forces en présence.
Rédaction
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