Malgré les sanctions internationales et les appels au retrait formulés par le Conseil de sécurité de l’ONU, le groupe rebelle M23/RDF a installé une base militaire dans l’ancienne position de la MONUSCO à Kaala, à quelques kilomètres au nord d’Uvira, dans le Sud-Kivu.
Depuis le début de la semaine, plusieurs sources locales signalent un afflux massif de combattants du M23 dans la ville. L’ancien camp Kaala servirait désormais de base arrière stratégique, alimentant les inquiétudes d’une escalade militaire dans la région.
Ce mercredi 24 décembre 2025, des mouvements jugés suspects ont été observés au port public de Kalundu. Selon des témoins, des pièces détachées en provenance du Rwanda seraient acheminées pour être assemblées sur place. Des ingénieurs étrangers et des marins affiliés au M23/AFC seraient impliqués. La présence de vedettes armées sur le lac Tanganyika, certaines équipées de canons, fait craindre une extension des hostilités vers Kalemie, Baraka et le Maniema.
Cette implantation survient alors que le M23 et ses soutiens font l’objet de sanctions de la part de plusieurs puissances et institutions internationales. En mars 2025, l’Union européenne a sanctionné plusieurs hauts responsables militaires rwandais, ainsi que des cadres du M23, pour leur rôle dans les offensives et les exactions contre les civils. Les États-Unis ont inscrit sur leur liste noire des personnalités liées à l’Alliance du fleuve Congo (AFC) et au M23, notamment Lawrence Kanyuka, porte-parole du mouvement, et l’ancien ministre rwandais James Kabarebe.
Par la résolution 2773 adoptée en février 2025, le Conseil de sécurité de l’ONU a condamné fermement l’offensive du M23 et le soutien présumé du Rwanda, exigeant le retrait immédiat des troupes et le démantèlement des structures parallèles. Le Royaume-Uni et le Canada ont également pris des sanctions similaires.
Moïse KASHALA
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