Depuis ce lundi 18 mai 2026, les postes-frontières de Ruzizi 1 et Ruzizi 2, reliant la ville de Bukavu au Rwanda, sont totalement fermés. Une décision prise unilatéralement par les autorités rwandaises dans le but de prévenir la propagation de l’épidémie d’Ebola récemment signalée dans l’est de la République démocratique du Congo.
Cette mesure intervient après l’annonce officielle d’une résurgence du virus Ebola dans la province de l’Ituri, notamment dans les zones de santé de Rwampara, Mongwalu et Bunia. La confirmation d’un cas positif à Goma aurait également renforcé les inquiétudes sanitaires des autorités rwandaises.
À Bukavu, les conséquences de cette fermeture se font déjà sentir. Les deux points de passage constituent des axes stratégiques pour des milliers de personnes qui traversent quotidiennement la frontière pour le commerce, les études, les soins médicaux ou encore les visites familiales.
« Nous sommes totalement bloqués, impossible de traverser, même pour des urgences médicales », témoigne un commerçant rencontré au poste frontalier de Ruzizi 1.
La situation inquiète particulièrement les petits commerçants, dont les activités dépendent fortement des échanges transfrontaliers avec le Rwanda. Plusieurs craignent déjà d’importantes pertes financières si la fermeture se prolonge.
Les transporteurs, étudiants et travailleurs pendulaires figurent également parmi les principales victimes de cette mesure, qui perturbe fortement la circulation entre les deux pays.
Pour les autorités rwandaises, cette fermeture constitue une mesure préventive indispensable afin de protéger la population face aux risques de propagation du virus, dans une région marquée par d’intenses mouvements migratoires quotidiens.
De leur côté, les autorités provinciales du Sud-Kivu, actuellement sous administration du M23, appellent la population au calme et à la résilience. Elles estiment que certaines restrictions temporaires peuvent s’avérer nécessaires pour limiter les risques sanitaires.
Cette nouvelle crise met une fois de plus en évidence la fragilité des échanges économiques et sociaux dans la région des Grands Lacs face aux urgences sanitaires. À Bukavu, de nombreux habitants espèrent désormais une réouverture rapide des frontières afin de permettre la reprise normale des activités quotidiennes.
Adaman Binja depuis Sud Kivu
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