Lors d’une audition devant le sous-comité des affaires étrangères de la Chambre des représentants des États-Unis à Washington, l’ambassadrice du Rwanda, Mathilde Mukantabana, a confirmé publiquement la coopération de son pays avec le groupe armé AFC/M23 dans l’est de la République démocratique du Congo.
Selon elle, cette alliance relève d’un choix sécuritaire, destiné à protéger les populations tutsies de l’est congolais et à prévenir des menaces transfrontalières jugées existentielles pour le Rwanda. L’ambassadrice a notamment cité la persistance des FDLR et le spectre des violences des années 1990 comme justifications de cette collaboration. Elle a insisté sur le fait que cette coopération n’avait aucune visée politique ou électorale, mais s’inscrivait dans la mise en œuvre des Accords de Washington, dont l’intensité dépendrait de l’évolution du niveau de menace.
Cette déclaration de transparence rebat les cartes d’un dossier longtemps opaque, ravivant les lignes de fracture régionales et soulignant l’urgence de mécanismes crédibles de sécurité collective, de protection des civils et de désescalade durable. Seules ces mesures pourraient, selon les experts, rompre le cycle des alliances armées et ouvrir la voie à une stabilité partagée dans la région des Grands Lacs.
Rédaction
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