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RDC–Rwanda : à Bruxelles, des élus dénoncent une guerre indirecte soutenue par des intérêts européens

Au cœur du Parlement européen, un discours longtemps étouffé commence à émerger. Des députés européens ont publiquement dénoncé ce qu’ils qualifient de guerre indirecte menée en République démocratique du Congo, avec le Rwanda comme acteur central, soutenu politiquement, diplomatique...

Au cœur du Parlement européen, un discours longtemps étouffé commence à émerger. Des députés européens ont publiquement dénoncé ce qu’ils qualifient de guerre indirecte menée en République démocratique du Congo, avec le Rwanda comme acteur central, soutenu politiquement, diplomatiquement et économiquement par certains intérêts européens.

Depuis plus de deux décennies, l’Est de la RDC est le théâtre d’une violence extrême : massacres de civils, viols de masse, déplacements forcés de populations, destruction systématique de villages. Pour ces élus, cette tragédie n’est ni imprévisible ni fortuite. Elle aurait été parfaitement connue de plusieurs capitales occidentales, mais tolérée au nom de calculs géopolitiques et économiques.

Selon les interventions relayées à Bruxelles, la France et, plus largement, l’Union européenne sont accusées d’avoir entretenu un double discours : promouvoir officiellement la paix et les droits humains tout en fermant les yeux sur l’implication du Rwanda dans l’instabilité chronique de l’Est congolais. Kigali aurait ainsi bénéficié d’une protection politique durable, malgré des rapports répétés des Nations unies documentant son rôle dans le soutien à des groupes armés opérant en RDC.

Les députés pointent également la responsabilité indirecte de grandes multinationales européennes et internationales, actives notamment dans les secteurs minier, pétrolier et énergétique. Des entreprises comme TotalEnergies, Traxys, Perenco, AngloGold Ashanti ou Glencore sont citées pour leur lobbying intense, accusé d’influencer les positions diplomatiques en faveur d’une stabilité de façade, permettant la sécurisation des intérêts économiques dans une région riche en ressources stratégiques.

Dans ce schéma, le Rwanda est présenté comme un maillon opérationnel d’un dispositif plus large, servant de relais à des intérêts étrangers dans la région des Grands Lacs. Les Forces armées de la RDC (FARDC) ne feraient donc pas face uniquement à une rébellion ou à une agression régionale, mais à une guerre par procuration, bénéficiant de soutiens financiers, logistiques et militaires indirects.

Toutefois, un changement de ton semble s’amorcer. En Europe comme aux États-Unis, des voix politiques, universitaires et issues de la société civile réclament désormais plus de cohérence, de transparence et de responsabilité. La question congolaise, longtemps reléguée en marge des priorités internationales, revient progressivement au centre des débats.

Si ces prises de position ne répareront pas les souffrances endurées par le peuple congolais, elles marquent néanmoins un tournant symbolique. Pour de nombreux observateurs, cette dynamique pourrait ouvrir la voie à une reconnaissance internationale des responsabilités, à des sanctions ciblées et, à terme, à une véritable justice pour les victimes d’un conflit qui dure depuis trop longtemps.

Moïse KASHALA 

LA REDACTION

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