Le Président rwandais, Paul Kagame, a une nouvelle fois remis au centre du débat la question de la présence des Interahamwe/FDLR en République démocratique du Congo, affirmant que ce dossier reste systématiquement évoqué lors de ses échanges avec des responsables internationaux.
« À maintes reprises, j’ai rencontré des ambassadeurs de différents pays, ici ou à l’étranger, ainsi que des ministres de plusieurs États. Lorsque la question de la RDC est abordée, l’une des interrogations récurrentes porte sur le nombre d’Interahamwe ou de combattants FDLR présents en RDC. C’est souvent une manière de minimiser le problème, comme s’il ne s’agissait pas d’un enjeu réel », a déclaré Paul Kagame.
Selon le chef de l’État rwandais, certains interlocuteurs vont jusqu’à relativiser la menace en évoquant l’âge avancé de certains membres du groupe armé.
« Certains disent même que certains d’entre eux ont près de 90 ans. Je leur réponds que s’ils ont 90 ans, cela signifie qu’ils sont toujours là. Et si, à cet âge, ils ont eu des enfants qu’ils ont formés et à qui ils ont transmis cette idéologie, lesquels finissent par devenir miliciens ou combattants au sein des FDLR, comment peut-on alors considérer leur âge comme insignifiant ? », s’est-il interrogé.
À travers ces propos, Paul Kagame réaffirme la position officielle de Kigali, qui considère les FDLR comme une menace sécuritaire persistante à ses frontières, justifiant ainsi ses préoccupations récurrentes concernant l’Est de la RDC. Le Rwanda accuse régulièrement ce groupe armé, issu en partie des anciens responsables du génocide de 1994, de perpétuer une idéologie hostile et de constituer un danger régional.
Ces déclarations interviennent dans un contexte de fortes tensions diplomatiques entre Kinshasa et Kigali, la RDC accusant le Rwanda de soutenir activement la rébellion du M23, ce que Kigali continue de nier. Pour les autorités congolaises, la question des FDLR est souvent instrumentalisée pour légitimer des ingérences sur le territoire congolais.
Sur le plan international, ce discours de Paul Kagame met en lumière une lecture sécuritaire persistante du conflit, alors que plusieurs partenaires appellent à des solutions politiques, au respect de la souveraineté de la RDC et à un désarmement effectif de tous les groupes armés, sans exception.
Rédaction
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