L’ancien président des États-Unis, Donald J. Trump, a récemment suscité de vives réactions en affirmant avoir mis fin aux conflits armés qui opposent la République démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda depuis près de trois décennies.
« Vous regardez le Congo et le Rwanda : ils se battent depuis 30 ans et cela a été arrêté. J’ai mis fin à tant de guerres. C’est une chose tellement belle. Cela me fait tellement du bien. Pas à cause d’un prix Nobel, mais parce que j’ai sauvé des millions de vies », a déclaré Donald Trump.
Cette déclaration intervient alors que la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC demeure hautement instable, marquée par la persistance des groupes armés, les tensions diplomatiques avec Kigali et les accusations répétées de soutien rwandais aux rebelles du M23, accusations que le Rwanda continue de rejeter.
Si plusieurs initiatives diplomatiques ont été menées ces dernières années notamment sous l’égide de l’Union africaine, de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC), de la SADC ou encore grâce à la médiation angolaise aucun accord de paix définitif n’a officiellement mis un terme au conflit structurel et multidimensionnel qui affecte l’Est congolais depuis les années 1990.
Les tensions entre la RDC et le Rwanda trouvent leur origine dans les conséquences du génocide rwandais de 1994, les guerres du Congo, la présence de groupes armés étrangers sur le sol congolais et la lutte pour le contrôle des ressources naturelles. Ces facteurs ont contribué à une instabilité chronique, malgré les accords, cessez-le-feu et engagements diplomatiques successifs.
Pour de nombreux observateurs et analystes, la sortie de Donald Trump relève davantage d’une stratégie de communication politique, dans un contexte où l’ancien président américain cherche à mettre en avant son bilan international, que d’une lecture fidèle de la réalité sur le terrain congolais.
Sur place, les populations de l’Est de la RDC continuent de faire face aux déplacements massifs, aux violences armées et aux crises humanitaires, rappelant que la paix durable reste un objectif encore lointain.
Si la contribution de partenaires internationaux, y compris les États-Unis, à la stabilisation de la région ne peut être ignorée, l’affirmation selon laquelle les conflits entre la RDC et le Rwanda seraient « arrêtés » demeure largement contestée, tant par les faits que par les acteurs locaux et régionaux.
Rédaction
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