La France envisage de renforcer la pression sur plusieurs pays, dont la République démocratique du Congo, afin d’obtenir une meilleure coopération dans la réadmission de leurs ressortissants en situation irrégulière sur le territoire français.
Le Premier ministre français, Sébastien Lecornu, a annoncé mercredi 26 août, lors d’un déplacement à Mayotte, que Paris souhaitait conditionner une partie de son aide publique au développement à la coopération des pays concernés en matière migratoire.
L’objectif affiché par les autorités françaises est notamment d’obtenir une collaboration accrue dans la lutte contre les réseaux de passeurs et dans l’identification et la réadmission des ressortissants faisant l’objet de mesures d’éloignement.
La mesure envisagée ne concerne pas uniquement la RDC. Le Burundi, le Rwanda, la Tanzanie, la Somalie, le Kenya et les Comores figurent également parmi les pays concernés par cette nouvelle orientation française.
Cette annonce intervient dans un contexte de forte pression migratoire à Mayotte, département français de l’océan Indien. Les autorités françaises font notamment état d’arrivées de migrants originaires de plusieurs pays de la région des Grands Lacs, dont la RDC.
Entre Paris et Kinshasa, un mécanisme de coopération existe déjà pour faciliter l’identification et le retour de ressortissants congolais présents irrégulièrement à Mayotte.
Un mémorandum d’entente avait été signé le 17 avril 2022 entre la Direction générale de migration (DGM) de la RDC et le ministère français de l’Intérieur. Cet accord prévoit notamment l’identification préalable des personnes concernées avant leur éventuel rapatriement.
En octobre 2024, des agents de la DGM avaient d’ailleurs participé à une mission d’identification à Mayotte. Cette opération avait été suivie du retour en RDC de plusieurs ressortissants congolais.
À ce stade, Paris n’a toutefois pas précisé quelles formes d’aide pourraient être réduites ou suspendues, ni les critères qui permettront de mesurer la coopération des différents États.
Il serait donc prématuré de conclure à une suspension de l’ensemble de l’aide française destinée à la RDC.
Cette nouvelle position traduit néanmoins un durcissement de la politique migratoire française et pourrait donner lieu à de nouvelles discussions entre Kinshasa et Paris.
Les prochaines réactions du gouvernement congolais, ainsi que les précisions attendues des autorités françaises, permettront de mieux mesurer la portée concrète de cette décision.
Redaction
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