La diplomatie congolaise poursuit ses consultations régionales autour du processus de paix dans l’Est de la République démocratique du Congo. À Luanda, le ministre de l’Intégration régionale, Floribert Anzuluni, a porté un message du président Félix Tshisekedi au chef de l’État angolais João Lourenço, avec au centre des échanges la situation sécuritaire dans l’Est du pays et le processus de désarmement des FDLR.
Accompagné du Haut représentant du chef de l’État, Sumbu Sita, Floribert Anzuluni a présenté les dernières évolutions de la démarche engagée par Kinshasa pour obtenir la reddition volontaire, le désarmement, la démobilisation et le cantonnement des combattants des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR).
Cette démarche constitue l’un des volets importants des engagements pris par la RDC dans le cadre du processus de paix conclu à Washington avec le Rwanda. En juillet 2026, Kinshasa avait annoncé la signature par les FDLR d’un protocole portant sur leur désarmement, leur démobilisation et leur cantonnement.
Selon les explications fournies par le gouvernement congolais, le protocole prévoit notamment une première phase consacrée à la démilitarisation, à la démobilisation et au cantonnement des combattants. Le processus doit être accompagné de garanties relatives à la sécurité des sites de cantonnement ainsi qu’au respect du principe de non-refoulement.
Kinshasa affirme également vouloir privilégier la sensibilisation afin d'encourager les combattants à déposer volontairement les armes. Le gouvernement congolais soutient que cette démarche doit permettre de traiter la question des FDLR conformément aux engagements internationaux pris par la RDC.
Le Groupe de contact international pour la région des Grands Lacs a, de son côté, salué en août la signature du protocole et appelé à l’élaboration rapide d’un calendrier réaliste pour sa mise en œuvre.
La démarche de Kinshasa auprès de Luanda intervient dans un contexte où la RDC cherche à maintenir la mobilisation des partenaires africains autour de la recherche d’une solution politique et sécuritaire à la crise dans l’Est.
L’Angola occupe depuis plusieurs années une place importante dans les initiatives diplomatiques concernant la région des Grands Lacs. Dans ce contexte, le message transmis par Floribert Anzuluni vise notamment à maintenir l’implication des partenaires régionaux dans les efforts destinés à faire progresser le processus de paix.
Pour Kinshasa, la question des FDLR demeure étroitement liée aux enjeux sécuritaires régionaux. Le gouvernement congolais présente donc leur désarmement comme l’un des éléments nécessaires à la mise en œuvre des engagements pris dans le cadre du processus de paix.
Malgré les annonces enregistrées ces derniers mois, la mise en œuvre concrète du protocole reste déterminante. Les autorités congolaises doivent notamment assurer la sécurisation des sites de cantonnement, organiser le désarmement et la démobilisation des combattants concernés et mettre en place les mécanismes de suivi prévus.
Le gouvernement affirme par ailleurs que les personnes contre lesquelles existent des preuves de crimes graves doivent répondre de leurs actes devant une juridiction indépendante, conformément au droit applicable.
La question des FDLR s’inscrit également dans un environnement régional particulièrement complexe, marqué par la persistance des tensions entre Kinshasa et Kigali ainsi que par la présence de l’AFC/M23 dans plusieurs zones de l’Est de la RDC.
En multipliant les consultations avec les capitales africaines, Kinshasa entend ainsi maintenir la dimension régionale du processus de paix et obtenir l’appui politique nécessaire à la mise en œuvre de ses engagements.
Après plusieurs années de conflit dans l’Est, le dossier FDLR constitue donc un test important pour la crédibilité des mécanismes de désarmement et pour les engagements pris dans le cadre du processus de Washington.
La rencontre avec les autorités angolaises s’inscrit dans cette dynamique : pour Kinshasa, la paix durable dans l’Est de la RDC passe non seulement par les engagements bilatéraux avec le Rwanda, mais également par une mobilisation coordonnée des acteurs régionaux et internationaux.
Moïse KASHALA
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