Le Sénat de la République démocratique du Congo a adopté, ce mercredi, le projet de loi portant prorogation de l’état de siège dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri, lors d’une séance plénière tenue au Palais du peuple.
Sur les 109 membres que compte la Chambre haute, 74 sénateurs ont pris part au vote. Le texte a été largement approuvé avec 73 voix pour, aucune voix contre et une seule abstention. Proclamant les résultats, le président du Sénat, Jean-Michel Sama, a entériné une décision qui confirme la volonté des institutions congolaises de maintenir ce régime d’exception dans ces zones en proie à l’insécurité persistante.
Instauré depuis mai 2021, l’état de siège vise à permettre aux autorités militaires et policières de prendre le relais de l’administration civile afin de restaurer la sécurité dans ces régions secouées par les violences des groupes armés. Malgré plusieurs prorogations successives, la situation sécuritaire reste préoccupante, notamment avec la recrudescence des attaques contre les civils, les déplacements massifs de populations et les tensions communautaires.
Cette nouvelle prolongation intervient dans un contexte où les opérations militaires conjointes, notamment entre les Forces armées de la RDC (FARDC) et certaines forces régionales, peinent encore à neutraliser durablement les groupes armés actifs dans ces provinces stratégiques de l’est du pays.
Toutefois, cette mesure continue de susciter des débats au sein de l’opinion publique et de la classe politique. Certains acteurs dénoncent une efficacité limitée de l’état de siège, pointant du doigt l’absence de résultats significatifs sur le terrain après plusieurs années d’application. D’autres, en revanche, estiment qu’un retrait prématuré de ce dispositif pourrait aggraver la situation sécuritaire.
Après son adoption au Sénat, le texte sera transmis au Président de la République pour promulgation. Sa mise en œuvre prolongera ainsi un dispositif exceptionnel devenu central dans la stratégie sécuritaire du gouvernement congolais face aux défis persistants dans l’Est du pays.
Moïse KASHALA
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