Le mouvement citoyen Le Congo qui Inspire internationalise le dossier judiciaire de son président, Nathanaël Onokomba. L’organisation affirme avoir saisi le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH) afin d’attirer l’attention des mécanismes internationaux sur les conditions de détention de son dirigeant.
Dans une déclaration rendue publique ce lundi, la porte-parole du mouvement, Djena Nkadia, indique qu’une plainte a été déposée auprès de l’instance onusienne. Le mouvement estime que le maintien en détention de Nathanaël Onokomba soulève des questions relatives au respect des droits fondamentaux et à la régularité de la procédure judiciaire.
Nathanaël Onokomba a été interpellé le 5 janvier 2026 à Kinshasa, à l’issue d’une conférence organisée à l’Université pédagogique nationale (UPN). Il a ensuite été détenu à la prison militaire de Ndolo. Ses avocats avaient déjà dénoncé, dès janvier, ce qu’ils considéraient comme des irrégularités dans la procédure et avaient réclamé sa libération.
Le dossier a ensuite connu plusieurs évolutions judiciaires. Le Tribunal militaire de garnison de Kinshasa/Gombe avait notamment examiné des poursuites portant, entre autres, sur l’apologie du terrorisme et la négation ou la minimisation de crimes internationaux. Le 26 juin, la juridiction militaire s’est déclarée incompétente dans la suite de la procédure, avant que le dossier ne soit orienté vers les juridictions de droit commun.
Le 29 juillet, Onokomba a été transféré de la prison militaire de Ndolo vers la prison centrale de Makala, dans l’attente de la poursuite de la procédure devant la justice ordinaire.
La question du fondement juridique de son maintien en détention est devenue l’un des principaux axes de la défense. Lors d’une audience tenue le 28 août au centre pénitentiaire de Makala, ses avocats ont demandé la levée de la détention ou, à défaut, sa mise en liberté provisoire, estimant notamment que le titre ayant servi à maintenir leur client en détention ne permettait plus de justifier sa privation de liberté.
Le 12 septembre, le Tribunal de grande instance de Kinshasa/Gombe a rejeté la demande de mise en liberté provisoire. La défense a toutefois maintenu sa contestation sur la régularité de la détention et annoncé de nouvelles démarches judiciaires.
En saisissant le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, Le Congo qui Inspire entend désormais porter l’affaire au-delà du cadre strictement national. Selon la déclaration de la porte-parole Djena Nkadia, cette démarche vise à informer les mécanismes internationaux compétents de la situation de Nathanaël Onokomba et à solliciter leur attention sur les questions liées aux libertés fondamentales et aux garanties judiciaires.
Le mouvement affirme inscrire cette démarche dans une défense plus large de la justice, de la dignité humaine, de la liberté d’expression et de la protection des droits fondamentaux.
Cette saisine ne constitue toutefois pas, à elle seule, une décision internationale sur la légalité de la détention. Elle représente une démarche du mouvement auprès d’un mécanisme onusien, tandis que la procédure judiciaire congolaise demeure en cours.
Le Congo qui Inspire annonce par ailleurs la publication prochaine d’informations complémentaires sur les démarches entreprises et sur l’évolution du dossier.
Moïse KASHALA
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