Les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) tirent la sonnette d’alarme sur de possibles connexions entre des groupes armés opérant dans l’Est du pays et le mouvement Mobondo, actif dans l’Ouest, aux portes de la capitale.
S’exprimant devant la presse, le porte-parole des opérations militaires dans l’Est, le capitaine Anthony Mwalushay, a affirmé que l’armée disposait « d’informations crédibles » faisant état de contacts présumés entre ces différentes entités armées. Selon lui, ces échanges traduiraient une volonté de coordination entre plusieurs foyers d’insécurité, dans un contexte déjà marqué par la persistance des violences armées sur l’ensemble du territoire national.
Le capitaine Mwalushay a également fait des révélations troublantes sur l’identité de certains membres du mouvement Mobondo.
« Plusieurs personnes impliquées dans le mouvement Mobondo se réclameraient ouvertement du Président de la République. Le jour, ils se présentent comme des agneaux, mais la nuit, ce sont eux qui dirigent les Mobondo », a-t-il déclaré, sans toutefois citer de noms.
D’après le porte-parole des FARDC, des individus récemment capturés auraient fourni des informations sensibles aux services de sécurité. Ces révélations incluraient des identités et des réseaux présumés de soutien, actuellement en cours de vérification par les services compétents, afin de déterminer d’éventuelles complicités politiques ou logistiques.
Dans un ton particulièrement ferme, le capitaine Mwalushay a lancé un avertissement clair à certains acteurs politiques qu’il accuse de soutenir le mouvement Mobondo à des fins personnelles.
« Si Kinshasa venait à céder aux discours de certains acteurs politiques qui soutiennent le mouvement Mobondo pour des intérêts personnels, nous, militaires, ferons notre travail. Et ce travail ne se fait pas avec un stylo, mais avec des armes », a-t-il martelé.
Ces déclarations interviennent alors que les autorités congolaises font face à une pression sécuritaire accrue sur plusieurs fronts : à l’Est, avec les groupes armés locaux et étrangers, dont le M23 ; et à l’Ouest, avec la persistance du phénomène Mobondo dans certaines zones des provinces du Maï-Ndombe, du Kwilu et du Kongo-Central.
Les propos du porte-parole militaire pourraient accentuer les tensions entre les institutions sécuritaires et certains milieux politiques, dans un climat déjà fragilisé par la polarisation post-électorale. Pour de nombreux observateurs, la stabilisation du pays passe par une approche globale, combinant action militaire, poursuites judiciaires, réponses politiques et solutions sociales, afin de couper les groupes armés de leurs soutiens financiers et politiques.
À ce stade, aucune réaction officielle de la présidence de la République ni des acteurs politiques implicitement visés n’a encore été enregistrée.
THÉRÈSE REZIA
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