Les récentes déclarations du vice-président du Sénat, Modeste Bahati Lukwebo, sur la question de la Constitution ont relancé un débat sensible au sein de la classe politique et de l’opinion publique en République démocratique du Congo. Mais pour l’analyste politique Ludovic Bokuli, cette controverse met surtout en lumière un enjeu plus profond : la nécessité de repenser la citoyenneté congolaise.
Depuis plusieurs années, la Constitution congolaise se retrouve régulièrement au centre des tensions politiques. Tandis que certains acteurs plaident pour sa protection stricte, d’autres estiment qu’elle peut évoluer afin de s’adapter aux réalités politiques et sociales du pays.
Pour Ludovic Bokuli, la véritable question ne se limite toutefois pas au contenu du texte constitutionnel. Elle réside plutôt dans la manière dont les citoyens et les dirigeants s’approprient les principes démocratiques qu’il consacre.
L’analyste souligne que la RDC est confrontée à une crise qui dépasse largement le cadre institutionnel. Le manque de culture civique, la faible redevabilité politique et la primauté accordée aux intérêts particuliers contribuent, selon lui, à fragiliser le fonctionnement de l’État.
Dans ce contexte, Ludovic Bokuli estime que le véritable défi pour le pays reste la construction d’une nouvelle citoyenneté, fondée sur la responsabilité collective, la défense de l’intérêt national et l’engagement actif des citoyens dans la gestion de la chose publique.
Selon lui, aucune Constitution, aussi bien rédigée soit-elle, ne peut produire pleinement ses effets si elle n’est pas soutenue par une conscience citoyenne forte.
Le débat relancé par les propos de Modeste Bahati Lukwebo pourrait ainsi constituer une occasion de réflexion nationale. Plutôt que de se limiter à des confrontations politiques, il devrait ouvrir un questionnement plus fondamental : quel type de citoyen faut-il pour bâtir un État fort, stable et véritablement démocratique ?
Pour l’analyste politique Ludovic Bokuli, la solidité des institutions dépend en grande partie de la maturité civique de ceux qui les font vivre. C’est donc en plaçant la citoyenneté responsable au cœur du projet démocratique que la RDC pourra consolider durablement ses institutions et envisager son avenir avec plus de stabilité.
Moïse KASHALA
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