Une nouvelle affaire judiciaire à dimension internationale vient ébranler les milieux politique et financier de la République démocratique du Congo (RDC). La société de technologie financière PayServices a saisi la justice américaine contre l’État congolais ainsi que certaines personnalités gouvernementales, qu’elle accuse de violation de contrat et de corruption présumée.
Selon les éléments rendus publics par PayServices, des protocoles d’accord auraient été conclus en mars 2024 entre l’entreprise et plusieurs ministères de la RDC. Ces accords prévoyaient notamment le paiement de 20 millions de dollars américains en contrepartie de prestations liées à des projets de digitalisation et de services financiers.
Malgré ces engagements contractuels, le paiement n’aurait jamais été effectué. Les autorités congolaises justifient ce blocage par l’existence de graves irrégularités de procédure, invoquant la nécessité de préserver les finances publiques.
Dans sa plainte déposée aux États-Unis, PayServices affirme qu’en avril 2024, la ministre Julie Mbuyi Shiku aurait exigé un pot-de-vin équivalant à 10 % du montant dû, soit environ 2 millions d’euros, en échange du déblocage des fonds.
Ces allégations, à ce stade non encore établies par une décision de justice, sont formellement contestées par les autorités mises en cause.
La procédure judiciaire devra déterminer si ces faits relèvent d’actes de corruption avérés ou d’un différend contractuel opposant un partenaire privé à l’État congolais.
Cette affaire intervient dans un contexte où la RDC multiplie les efforts pour améliorer la gouvernance, renforcer la transparence et attirer les investissements étrangers. Un contentieux de cette ampleur, porté devant une juridiction étrangère, pourrait toutefois affecter la crédibilité du pays auprès des partenaires internationaux et des investisseurs.
Des analystes estiment que l’issue de cette affaire pourrait constituer un signal fort quant à la sécurité juridique des contrats conclus avec l’État congolais.
En attendant les décisions de justice, toutes les parties bénéficient de la présomption d’innocence. Les prochaines audiences et éventuelles révélations seront déterminantes pour la suite de ce dossier aux implications politiques, économiques et diplomatiques importantes.
Thérèse Nkwo
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