La persistance de l’épidémie de maladie à virus Ebola en République démocratique du Congo (RDC) met en lumière une situation particulièrement préoccupante pour les mères allaitantes et leurs nourrissons. En Ituri, plusieurs bébés ont été infectés pendant la période d’allaitement, certains ayant malheureusement succombé à la maladie, selon une alerte du Programme national de nutrition (PRONANUT).
Cette alerte, rapportée jeudi par Radio Okapi, intervient dans le contexte de la Semaine mondiale de l’allaitement maternel, organisée du 1er au 7 août 2026. Le PRONANUT insiste sur la nécessité d’une prise en charge spécifique des femmes infectées et de leurs enfants afin de réduire les risques de transmission tout en garantissant les besoins nutritionnels des nourrissons.
Selon le coordonnateur provincial du PRONANUT, Cosma Bakemwanga, l’allaitement maternel est déconseillé lorsqu’une mère est infectée par Ebola. Une séparation temporaire entre la mère et l’enfant peut alors être envisagée pour limiter le risque de contamination.
La reprise de l’allaitement peut toutefois être envisagée après la guérison de la mère, conformément aux recommandations et à l’évaluation des professionnels de santé.
Le PRONANUT rappelle également que la transmission peut se produire dans les deux sens : de la mère vers l’enfant, mais aussi de l’enfant vers la mère, notamment à travers le lait maternel. Cette réalité impose une vigilance accrue autour des familles touchées par le virus.
Au-delà de la lutte contre la transmission, les équipes sanitaires doivent également veiller à maintenir une alimentation adaptée pour les nourrissons concernés. L’enjeu consiste ainsi à protéger les enfants contre Ebola sans compromettre leur prise en charge nutritionnelle.
Cette situation intervient alors que l’épidémie demeure particulièrement active en RDC. Dans son bulletin publié le 14 août, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) indiquait qu’au 12 août, le pays comptait 4 665 cas confirmés et 2 184 décès. L’épidémie concernait alors 54 zones de santé dans six provinces, avec l’Ituri comme principal épicentre, concentrant 85 % des cas confirmés et 79 % des décès enregistrés.
L’OMS souligne que la transmission reste intense et que les déplacements de populations, l’insécurité ainsi que les difficultés d’accès aux soins compliquent davantage la riposte. Des attaques visant des structures sanitaires ont également perturbé certaines opérations de surveillance et de réponse à l’épidémie.
Face à cette situation, les autorités sanitaires et leurs partenaires poursuivent les efforts de surveillance, de prise en charge des malades, de prévention et de sensibilisation communautaire.
Pour les familles touchées par Ebola, la protection des nourrissons apparaît désormais comme un volet essentiel de la riposte, nécessitant à la fois un suivi médical rigoureux, un accompagnement nutritionnel et des mesures adaptées pour prévenir la transmission du virus.
Emilia Kanza Moussa
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