Le Front pour la refondation de la nation (FRN), associé à l'ancien président Joseph Kabila, a exprimé ses réserves concernant le renouvellement du mandat de la Mission de l'Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO). Cette position a été présentée à l'issue d'une rencontre entre une délégation du mouvement et James Swan, représentant spécial du secrétaire général des Nations unies et chef de la MONUSCO, à Goma.
Selon Bertrand Bisimwa, vice-président du FRN, les échanges ont notamment porté sur la situation sécuritaire dans l'Est de la RDC, le processus de paix de Doha, le renouvellement du mandat de la mission onusienne ainsi que les préoccupations politiques liées à une éventuelle modification de la Constitution congolaise.
Sur la question de la MONUSCO, le FRN estime que les résultats obtenus après plusieurs années de présence de cette mission en RDC ne justifient pas une nouvelle prolongation de son mandat. Bertrand Bisimwa a ainsi défendu la poursuite du processus de retrait de la mission, plutôt que son maintien sur le territoire congolais.
Le mouvement distingue toutefois le retrait de la MONUSCO de sa participation éventuelle aux mécanismes de vérification du cessez-le-feu prévus dans le cadre du processus de Doha. Il ne s'oppose pas à une contribution technique ou logistique de la mission, mais rejette catégoriquement l'idée d'un redéploiement de ses troupes au Sud-Kivu.
Au cours de cette rencontre, les représentants du FRN ont également évoqué les engagements pris dans le cadre du processus de paix de Doha. Bertrand Bisimwa a affirmé que le mouvement entendait reprendre les engagements précédemment souscrits par l'Alliance Fleuve Congo (AFC/M23), dont il se présente comme le successeur.
Le responsable a par ailleurs exprimé des inquiétudes concernant une éventuelle révision de la Constitution par le pouvoir de Kinshasa. Selon lui, les instruments conclus à Doha reposent sur le respect de la Constitution actuellement en vigueur en République démocratique du Congo.
Le FRN considère qu'une modification de la Loi fondamentale pourrait fragiliser les discussions politiques et compromettre les perspectives de règlement de la crise. Il a ainsi invité les Nations unies à sensibiliser les autorités congolaises sur les risques qu'il associe à une telle démarche.
La situation sur les différents fronts militaires a également été abordée. Le FRN accuse les forces gouvernementales et leurs alliés de poursuivre des opérations militaires dans plusieurs zones de l'Est du pays, notamment à Katogota, Lufungi, Mwenga, Kasika, Shabunda, Bunyakiri, Walikale, Pinga, Lubero, Minembwe, Masisi et Kalehe.
Bertrand Bisimwa a notamment dénoncé le recours aux drones et aux opérations terrestres. Il a également évoqué les conséquences humanitaires des affrontements, particulièrement à Minembwe, où il affirme que la population serait confrontée à des difficultés d'approvisionnement en nourriture et en médicaments.
Ces déclarations constituent les accusations du FRN et nécessitent des vérifications indépendantes.
En sollicitant l'attention de James Swan sur ces différentes préoccupations, le FRN souhaite que ses positions soient portées à la connaissance du Conseil de sécurité des Nations unies et de la communauté internationale.
Cette rencontre intervient dans un contexte où l'avenir de la présence onusienne en RDC demeure étroitement lié à l'évolution de la situation sécuritaire et aux efforts diplomatiques engagés pour mettre fin aux hostilités dans l'Est du pays.
Au-delà du débat sur la prolongation du mandat de la MONUSCO, les échanges de Goma révèlent les divergences persistantes entre les acteurs du conflit sur les conditions de mise en œuvre du processus de paix, le contrôle du cessez-le-feu et le rôle que devraient jouer les partenaires internationaux.
La position du FRN place ainsi les Nations unies devant une équation diplomatique délicate : accompagner les mécanismes de paix sans que leur intervention ne soit perçue comme une nouvelle présence militaire contestée sur le terrain.
Moïse Kashala
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