Le gouvernement congolais est sorti de sa réserve à la suite des sanctions américaines visant l’ancien président Joseph Kabila. Ce jeudi 30 avril 2026, le Vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, de la Sécurité et des Affaires coutumières, Jacquemin Shabani Lukoo, a livré la première réaction officielle de Kinshasa.
Dans une déclaration ferme, le patron de la sécurité intérieure a estimé que cette décision des États-Unis, prise par le United States Department of the Treasury à travers l’Office of Foreign Assets Control, constitue « une conséquence logique », bien que tardive.
« Ce n’est qu’une conséquence logique, même si ça a traîné à venir. C’est Kabila l’instigateur, l’initiateur et le concepteur de la déstabilisation du Congo », a déclaré Jacquemin Shabani Lukoo.
Par ces propos, le VPM de l’Intérieur franchit un cap en imputant directement à Joseph Kabila une responsabilité dans les crises sécuritaires qui secouent l’Est de la République démocratique du Congo. Cette déclaration s’inscrit dans un contexte de fortes tensions politiques, où les relations entre le pouvoir en place et les proches de l’ancien régime restent particulièrement crispées.
Depuis plusieurs mois, les autorités congolaises dénoncent des tentatives de déstabilisation, sur fond de conflits armés persistants dans des provinces comme le Nord-Kivu et l’Ituri. Les propos de Jacquemin Shabani Lukoo viennent ainsi renforcer une ligne politique accusatrice déjà perceptible au sommet de l’État.
L’inscription de Joseph Kabila sur la liste des personnalités sanctionnées par les États-Unis entraîne notamment le gel de ses avoirs sous juridiction américaine ainsi que des restrictions strictes en matière de transactions financières avec des entités américaines.
Au-delà de leur portée économique, ces sanctions constituent un signal diplomatique fort. Elles traduisent une volonté de Washington d’accentuer la pression sur les acteurs jugés impliqués dans l’instabilité de la RDC.
Cette sortie officielle pourrait marquer le début d’une séquence politique plus tendue entre les institutions actuelles et l’ancien pouvoir. Elle intervient dans un contexte où les enjeux sécuritaires, diplomatiques et politiques restent étroitement liés.
À ce stade, Joseph Kabila n’a pas encore réagi publiquement à ces accusations ni à la décision américaine. Son silence est scruté, alors que les équilibres politiques internes pourraient être affectés par cette nouvelle donne.
Moïse KASHALA
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