Le gouvernement congolais a décidé de suspendre temporairement le processus d’indemnisation des victimes dans le cadre du Fonds de réparation des victimes des activités illicites de l’Ouganda (FRIVAO). L’annonce a été faite par le ministre de la Justice lors d’une intervention sur Top Congo FM.
Cette décision intervient dans un contexte marqué par des soupçons d’irrégularités dans l’identification des bénéficiaires. Selon le ministre, cette suspension vise avant tout à assainir les listes des victimes et à garantir une gestion plus transparente et crédible du mécanisme.
Sur les 194 millions de dollars américains déjà mobilisés, environ 28 millions USD ont été décaissés avant l’arrêt du processus. Les autorités reconnaissent que des anomalies ont été constatées, justifiant ainsi le lancement d’un audit approfondi actuellement en cours.
« Il est impératif de s’assurer que les véritables victimes soient les seules bénéficiaires de ces fonds », a insisté le ministre, soulignant que cette pause est une étape nécessaire pour éviter tout détournement ou favoritisme.
Le FRIVAO constitue un mécanisme clé dans la réparation des préjudices subis par les victimes des conflits armés et des activités illicites étrangères, notamment dans l’Est de la RDC. Sa crédibilité repose sur une gestion rigoureuse et équitable des ressources.
La suspension du processus, bien que susceptible de susciter des inquiétudes parmi les victimes en attente d’indemnisation, est présentée par le gouvernement comme une mesure de sauvegarde des fonds publics.
Les paiements ne reprendront qu’après la finalisation de l’audit et la validation de nouvelles listes jugées fiables et transparentes.
Cette décision met en lumière le dilemme auquel font face les autorités : accélérer les réparations pour répondre à l’urgence sociale, tout en garantissant l’intégrité du processus.
Pour de nombreuses victimes, déjà fragilisées par des années de conflits, cette suspension pourrait prolonger une attente difficile. Mais pour le gouvernement, il s’agit d’un passage obligé pour restaurer la confiance et assurer une indemnisation juste et méritée.
Moïse KASHALA
Commentaires 0
Aucun commentaire pour le moment
Soyez le premier à partager votre avis sur cet article !
Laisser un commentaire