La situation des droits humains en République démocratique du Congo continue de se détériorer. C'est ce que révèle la note mensuelle du Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l'homme (BCNUDH) consultée par Africamonde ce vendredi 12 juin 2026.
Selon ce document, le BCNUDH a documenté 524 violations et atteintes aux droits humains au cours du mois de mars 2026, soit une hausse de 13 % par rapport au mois de février qui en comptabilisait 478.
Les provinces affectées par les conflits armés demeurent les plus touchées, concentrant près de 83 % des cas recensés. Le Nord-Kivu arrive en tête avec 287 violations documentées, suivi du Sud-Kivu (98), de l'Ituri (60) et du Maniema (6).
Le rapport souligne également la persistance des violences sexuelles liées aux conflits. Au moins 70 victimes, dont 53 femmes et 17 filles, ont été recensées au cours du mois de mars. Bien que ce chiffre soit inférieur à celui de février (101 victimes), le BCNUDH précise que cette baisse pourrait s'expliquer par les difficultés d'accès aux zones touchées et par l'insécurité croissante, limitant ainsi la documentation des cas.
Les groupes armés restent les principaux auteurs de ces violences, responsables de 63 % des cas enregistrés. Les acteurs étatiques sont quant à eux impliqués dans 37 % des cas, soit 26 victimes.
S'agissant de l'espace civique, le BCNUDH a recensé 21 violations et atteintes aux droits humains, contre 13 le mois précédent. Ces violations ont concerné 19 victimes, toutes de sexe masculin, dans un contexte marqué par le renforcement des tensions sécuritaires et politiques.
Le rapport fait également état de huit cas nécessitant une protection individuelle, attribués notamment à l'AFC/M23, à la Police nationale congolaise (PNC), aux Forces armées de la RDC (FARDC) ainsi qu'aux services de renseignement. Dix-neuf bénéficiaires, dont deux femmes, ont reçu un accompagnement en matière d'autoprotection et de plaidoyer.
Sur le plan judiciaire, quatre procédures engagées contre trois militaires des FARDC et un agent de la PNC ont abouti à la condamnation de trois personnes, tandis qu'un militaire a été acquitté.
Par ailleurs, le BCNUDH a organisé neuf sessions de formation et de sensibilisation à travers le pays, réunissant 778 participants, dont 221 femmes. Ces activités ont concerné des membres de la société civile, des magistrats, des défenseurs des droits humains, des agents de l'État, des étudiants ainsi que des membres des forces de défense et de sécurité.
Le Bureau des Nations unies estime que ces initiatives contribuent à renforcer la prévention des violations des droits humains en améliorant la connaissance des normes nationales et internationales auprès des acteurs concernés.
Rédaction
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