Dans une sortie médiatique au ton particulièrement critique, la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO) a réagi aux récentes déclarations de l’Union Sacrée de la Nation concernant sa position sur la situation politique et sécuritaire du pays.
Le secrétaire général de la CENCO, Mgr Donatien Nshole, n’a pas mâché ses mots face à ce qu’il considère comme une incompréhension grave des priorités nationales.
Selon lui, la réaction de certains acteurs politiques traduit un décalage inquiétant avec les réalités vécues par la population congolaise, alors que le pays fait face à des défis majeurs, notamment des crises sanitaires et une insécurité persistante dans plusieurs régions.
Mgr Nshole affirme avoir accueilli la déclaration de l’Union Sacrée avec un profond regret, estimant que les responsables politiques devraient concentrer leurs efforts sur la souffrance de la population plutôt que sur des polémiques institutionnelles.
Il a également salué, selon ses propos, le courage de certains signataires ayant pris leurs distances avec cette position, tout en dénonçant ce qu’il qualifie de dérive politique chez d’autres.
Le responsable de la CENCO a également réagi à l’expression « quelques évêques » utilisée dans le communiqué de l’Union Sacrée, qu’il juge inappropriée. Il estime qu’il s’agit d’une lecture biaisée de la réalité, comparant la logique ecclésiale à celle du fonctionnement parlementaire basé sur le quorum.
Pour la CENCO, les évêques présents lors des échanges étaient unanimes dans leurs positions, et toute tentative de minimisation de cette unanimité serait, selon lui, une forme de manipulation du discours public.
Au-delà des tensions politiques, Mgr Nshole insiste sur la gravité de la situation du pays. Il appelle l’ensemble des acteurs congolais à se mobiliser pour la paix, la cohésion nationale et la réunification du territoire.
Selon lui, la mission de l’Église reste constante : accompagner la population et rappeler les exigences de justice, de paix et de responsabilité collective.
Abordant les débats en cours sur les réformes institutionnelles, la CENCO exprime également des inquiétudes concernant les risques de division nationale. Mgr Nshole évoque notamment les tensions autour d’un éventuel référendum, qu’il considère comme un sujet sensible dans le contexte actuel.
Cette prise de position relance le débat sur le rôle des institutions religieuses dans la vie politique congolaise, alors que les divergences entre acteurs politiques et religieux semblent se renforcer.
CENCO intervient dans un contexte national marqué par de fortes tensions politiques et sécuritaires, où les prises de position publiques des différentes institutions continuent d’alimenter le débat sur l’avenir du pays.
Rédaction
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