Un reportage du quotidien français Le Monde met en lumière de vives inquiétudes autour du Conseil national de cyberdéfense (CNC) en République démocratique du Congo. Officiellement rattaché à la présidence, cet organe est accusé par plusieurs voix critiques d’agir comme une police politique au service du pouvoir.
Selon l’enquête du journal, des opposants, journalistes et activistes dénoncent des arrestations arbitraires, des détentions secrètes et des pratiques de surveillance jugées intrusives. Ces accusations alimentent un débat grandissant sur le respect des libertés publiques sous le mandat du président Félix Tshisekedi, à la tête du pays depuis 2019.
Les autorités congolaises, de leur côté, réfutent ces allégations. Elles soutiennent que le CNC a été créé pour « coordonner tous les services en rapport avec la cyberdéfense et le renseignement afin de prévenir et de contrer les attaques cybernétiques », conformément à une communication gouvernementale publiée le 14 septembre 2023. Pour Kinshasa, il s’agit d’un outil stratégique visant à renforcer la sécurité nationale face aux menaces numériques croissantes.
L’affaire Parole Kamizelo illustre cette controverse. Depuis le 28 janvier, cette figure de l’opposition comparaît devant un tribunal de Kinshasa pour diffusion de fausses nouvelles et outrage au chef de l’État. Son dossier est présenté comme le premier à exposer publiquement les méthodes controversées attribuées au CNC. Ses partisans estiment que les faits qui lui sont reprochés ne relèvent pas de la cybercriminalité, mais d’un différend à caractère politique.
Créé pour répondre aux défis sécuritaires liés au numérique, le Conseil national de cyberdéfense se retrouve aujourd’hui au cœur d’un débat sensible sur l’équilibre entre sécurité et libertés fondamentales en RDC.
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