Alors que se tient à Union africaine le sommet ordinaire des chefs d’État et de gouvernement à Addis-Abeba, deux mouvements congolais, l’AFC/M23 et « Sauvons la RDC », ont discrètement déployé des délégations dans la capitale éthiopienne afin de porter leurs messages auprès de plusieurs acteurs africains.
Selon une source proche du dossier, l’AFC/M23 mène actuellement une « intense diplomatie de couloir » en marge des travaux officiels. Des échanges auraient eu lieu avec certains responsables gouvernementaux africains, dans le but, affirme-t-on, de « défendre les positions du mouvement » sur la crise sécuritaire et politique dans l’Est de la République démocratique du Congo.
En parallèle, une délégation du mouvement « Sauvons la RDC », lancé à Nairobi en octobre 2025 par l’ancien président Joseph Kabila, est également présente à Addis-Abeba. D’après une source interne, ses représentants sont venus « expliquer et faire comprendre la situation et notre position » aux décideurs africains réunis pour le sommet.
Cette double présence illustre la dimension désormais continentale de la crise congolaise. Si les discussions officielles portent sur les grands enjeux africains paix, sécurité, intégration et gouvernance , les couloirs et rencontres bilatérales deviennent un terrain stratégique où s’affrontent récits, arguments politiques et tentatives de légitimation.
La présence de ces délégations intervient dans un climat régional particulièrement tendu, marqué par la persistance des violences dans l’Est de la RDC et les accusations récurrentes d’ingérences extérieures. Addis-Abeba, siège de l’Union africaine, constitue à ce titre un espace privilégié pour influencer l’agenda diplomatique et façonner la perception des États membres.
Si aucune communication officielle de l’Union africaine ne confirme des rencontres formelles avec ces mouvements, leur activisme en marge du sommet témoigne d’une volonté claire d’internationaliser davantage le débat congolais.
Dans les prochains jours, l’attention restera focalisée sur d’éventuelles prises de position des chefs d’État africains concernant la situation en RDC, alors que les initiatives parallèles se multiplient en coulisses pour peser sur l’orientation des discussions continentales.
MOÏSE KASHALA
Commentaires 0
Aucun commentaire pour le moment
Soyez le premier à partager votre avis sur cet article !
Laisser un commentaire