L’Alliance des démocrates congolais (ADECO), parti politique mukambiste, est vivement montée au créneau contre l’ancien président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila, à la suite de l’annonce de la création du Front pour la refondation de la nation (FRN).
Dans une déclaration rendue publique ce mardi 20 octobre, le président national de l’ADECO, Alain Mbaya Kakasu, a qualifié cette initiative d’« acte de haute trahison », accusant l’ancien chef de l’État de contribuer à une dynamique qui, selon lui, menace la souveraineté et l’intégrité territoriale de la RDC.
Le parti estime que la création du FRN ravive les soupçons d’une volonté de placer la République démocratique du Congo sous influence étrangère, notamment celle du Rwanda. Il accuse également ce mouvement de s’inscrire dans la continuité des actions de l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL) et du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), auxquels il impute une lourde responsabilité dans les violences qui frappent le pays depuis plusieurs décennies.
Dans sa déclaration, Alain Mbaya Kakasu déplore ce qu’il considère comme un mépris envers le peuple congolais, qui, selon lui, a accordé sa confiance à Joseph Kabila durant ses 18 années au pouvoir.
Le président national de l’ADECO affirme par ailleurs que la RDC demeure confrontée à des intérêts prédateurs qui chercheraient à exploiter ses ressources naturelles et à fragiliser son unité territoriale. Il accuse certains acteurs nationaux et étrangers de participer à cette dynamique, sans toutefois apporter, dans la déclaration reproduite, des éléments indépendants permettant d’établir ces accusations.
Le parti rejette ainsi ce qu’il qualifie de « sale manigance », qu’il associe aux pertes humaines et aux conséquences économiques des conflits armés dans l’est du pays.
Face à cette situation, l’ADECO appelle la population congolaise à renforcer son unité et à faire preuve de patriotisme. Le parti invite les Congolais à soutenir le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, dans la défense de l’intégrité territoriale et de la souveraineté nationale.
Il plaide également pour une mobilisation accrue des services de sécurité et de renseignement, ainsi que pour une implication plus importante des dirigeants locaux dans le renforcement de la résistance populaire face aux groupes armés et à leurs présumés soutiens.
Sur le plan politique, l’ADECO estime qu’une société congolaise unie et solidaire serait mieux préparée à faire face aux menaces sécuritaires. Dans cette perspective, le parti évoque la nécessité d’adopter une loi référendaire et d’organiser un dialogue national inclusif afin de rassembler les différentes forces du pays autour des enjeux de sécurité et de souveraineté.
Dans le même document, l’ADECO interpelle l’opposition dite républicaine, dont elle critique le silence face à la création du FRN. Le parti y voit une possible forme de complicité tacite, une interprétation politique qu’il exprime sans présenter de preuves établissant une telle implication.
Alain Mbaya Kakasu met également en cause plusieurs acteurs et structures politiques, religieuses et diplomatiques, notamment l’Union européenne, le Rwanda, Joseph Kabila, ainsi que les organisations et regroupements qu’il cite dans sa déclaration, dont la CENCO, l’ECC et Lamuka.
Le parti considère, en outre, que toute initiative politique présentée comme une troisième voie pourrait, selon son analyse, détourner l’attention du dialogue national annoncé par le président de la République. Il critique également le déplacement de représentants de l’opposition en Europe, qu’il interprète comme une démarche susceptible de compromettre la souveraineté nationale.
En conclusion, l’ADECO réaffirme son opposition à la création du Front pour la refondation de la nation et appelle les Congolais à se mobiliser pour défendre leur pays.
« Le peuple reste l’armée la plus redoutable et gagnera cette guerre », soutient le parti dans sa déclaration, plaçant l’unité nationale et la mobilisation citoyenne au cœur de son message.
Cette prise de position intervient dans un contexte de fortes tensions politiques et sécuritaires en RDC. Les accusations formulées par l’ADECO demeurent celles de ce parti et nécessitent, pour les faits contestés, des vérifications indépendantes ainsi que les réactions des personnes et organisations mises en cause.
Moïse KASHALA
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