Joseph Shungu Ingila, directeur de l’Institut congolais pour la formation et l’alphabétisation aux droits de l’homme dans le Haut-Katanga, appelle à la suspension de toutes les activités des partis politiques en République démocratique du Congo (RDC). Selon lui, la priorité nationale doit être la défense du territoire, la protection des populations et le rétablissement de la paix.
S’exprimant sur la situation politique et sécuritaire du pays, Joseph Shungu Ingila a vivement réagi à la position de l’ancien président Joseph Kabila, dont le nom est associé aux débats autour du mouvement politico-militaire AFC/M23. Il estime que la situation actuelle soulève des interrogations, notamment au regard des 18 années passées par l’ancien chef de l’État à la tête du pays et de son statut de sénateur à vie.
Pour Joseph Shungu Ingila, cette situation doit interpeller les Congolais et conduire les autorités à prendre des mesures fermes afin de préserver l’intégrité territoriale et de protéger la population.
Dans ses recommandations au président Félix Tshisekedi, Joseph Shungu Ingila préconise la suspension de toutes les activités des partis politiques, y compris celles de la famille politique du chef de l’État, aussi longtemps que le pays reste confronté à la guerre.
« Notre pays est en guerre. On ne peut pas défendre nos droits intérieurs pendant que les autres sont en train de mourir », a-t-il déclaré.
Il a notamment évoqué les violences sexuelles, les enfants privés d’éducation et les massacres qui affectent les populations dans les zones de conflit. Pour lui, les priorités nationales doivent être réorientées vers la sécurité, la défense du territoire et l’assistance aux victimes.
Joseph Shungu Ingila plaide également pour la nomination de responsables compétents et déterminés, capables de répondre efficacement aux défis sécuritaires.
Il estime que la RDC a besoin de généraux engagés sur le terrain, proches de leurs troupes et capables de concevoir des stratégies militaires efficaces pour mettre fin aux violences et reconquérir les territoires affectés par le conflit.
Il critique, à cet effet, les officiers qui, selon lui, privilégieraient les intérêts financiers au détriment de leurs responsabilités militaires. Il appelle les autorités à renforcer les mécanismes de contrôle et à s’assurer que les responsables chargés de défendre le pays accomplissent effectivement leur mission.
Le directeur de l’Institut congolais pour la formation et l’alphabétisation aux droits de l’homme met également en garde contre les risques d’infiltration au sein des institutions nationales et provinciales. Il invite les services compétents à redoubler de vigilance face aux menaces susceptibles de compromettre la sécurité nationale.
« Ce pays a besoin de la paix »
Revenant sur les conséquences humaines du conflit, Joseph Shungu Ingila rappelle que la RDC a enregistré de nombreuses pertes en vies humaines, notamment parmi les militaires de différents grades, laissant derrière elles des familles endeuillées.
Il estime que la défense des droits humains doit aller de pair avec la protection des citoyens contre les violences, les massacres et les agressions.
Face à cette situation, il appelle les autorités congolaises à prendre des décisions courageuses et à faire de la sécurité de la population ainsi que de la restauration de la paix une priorité absolue.
« Ce pays a besoin de la paix », a-t-il insisté, appelant à une mobilisation nationale face aux défis sécuritaires auxquels la République démocratique du Congo est confrontée.
Moïse KASHALA
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