Une année après sa prise de fonctions à la tête du ministère de la Justice, Guillaume Ngefa Atondoko défend un bilan marqué par plusieurs réformes destinées à moderniser le système judiciaire congolais et à renforcer son efficacité. Le ministre d’État entend désormais accélérer leur mise en œuvre afin de produire des résultats davantage perceptibles par les citoyens.
Lors d’un briefing de presse consacré à la redevabilité du gouvernement, Guillaume Ngefa a présenté les principaux chantiers engagés au cours de sa première année. Parmi les réformes citées figurent la création du Tribunal pénal économique et financier, le projet de loi anticorruption ainsi que la réforme de la justice militaire.
Le ministre a également mis en avant la modernisation de l’Inspection générale des services judiciaires et pénitentiaires et l’opérationnalisation de la profession notariale. À ces initiatives s’ajoute la transformation numérique du secteur à travers le programme « Justice 2.0 », présenté comme un levier de modernisation et d’amélioration des services judiciaires.
La lutte contre l’impunité constitue l’un des principaux axes de l’action du ministère. Guillaume Ngefa a indiqué avoir instauré un mécanisme permanent de suivi des injonctions, tout en affirmant que cette démarche s’inscrit dans le respect de l’indépendance de la Justice.
Il a également annoncé la tenue prochaine de procès publics concernant plusieurs dossiers liés au phénomène dit « Folio ». Le ministre a réaffirmé la détermination des autorités à poursuivre les auteurs de crimes graves commis en RDC lorsque leur responsabilité sera établie.
L’accès à la justice reste toutefois confronté au phénomène du désert judiciaire. Pour y remédier, le gouvernement poursuit le développement des infrastructures judiciaires à travers plusieurs projets.
Après la construction de nouvelles infrastructures à Lubumbashi, Demba et Kinshasa/Kalamu, six nouveaux complexes judiciaires sont annoncés. Ces investissements doivent contribuer à améliorer la couverture judiciaire du territoire et à rapprocher les services de justice des populations.
Le ministre d’État a également reconnu les difficultés persistantes dans les établissements pénitentiaires. La surpopulation carcérale, les problèmes d’alimentation, l’accès aux soins médicaux et les conditions d’hygiène demeurent parmi les principales préoccupations.
Des mesures de désengorgement sont déjà mises en œuvre, notamment à travers les libérations conditionnelles et les transferts de détenus. Guillaume Ngefa reconnaît cependant que ces mesures doivent être renforcées pour apporter une réponse durable à la crise pénitentiaire.
Pour sa deuxième année d’exercice, le ministre entend ainsi consolider et accélérer les réformes engagées. L’ambition affichée est de parvenir à une justice « crédible, accessible et efficace », capable de mieux protéger les citoyens, de combattre l’impunité et de renforcer la confiance dans les institutions judiciaires.
Emilia Kanza Moussa
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