La ville de Mbuji-Mayi, historiquement reconnue pour son potentiel diamantifère, pourrait connaître une transformation majeure en devenant un nouveau centre stratégique de l’industrie du cuivre en République démocratique du Congo. C’est l’analyse du géologue Christian Mbelu Kabala , qui met en avant les perspectives offertes par les gisements identifiés dans les zones de Miabi et Kabeya-Kamwanga, au Kasaï-Oriental.
Selon les informations , le projet minier pourrait être développé par China Railway Resources Universal Limited. Les estimations font état d’une production pouvant atteindre jusqu’à 500 000 tonnes de cuivre par an, un volume susceptible de repositionner la région parmi les pôles miniers majeurs de la RDC.
Pour les analystes du secteur, cette dynamique pourrait également ouvrir des opportunités importantes d’emploi, notamment pour les jeunes expérimentés issus des zones minières du Katanga, qui disposent déjà d’une expertise dans la filière cuprifère.
Le développement d’une industrie du cuivre repose fortement sur la disponibilité d’une énergie stable et suffisante. Les opérations d’extraction et de transformation broyage, flottation, fusion et production de cathodes exigent une alimentation électrique continue.
Dans cette optique, Christian Mbelu Kabala estime qu’une partie de l’énergie produite par le barrage d’Inga II pourrait être orientée vers le Kasaï-Oriental, en attendant la mise en place d’infrastructures énergétiques locales adaptées aux besoins industriels.
Au-delà de l’extraction, la question de la transformation locale du cuivre reste un enjeu stratégique pour la RDC. Selon l’expert, l’exportation des minerais à l’état brut limite considérablement les retombées économiques pour le pays.
La transformation locale permettrait notamment : la création d’unités industrielles ; la génération d’emplois qualifiés ; le développement de compétences techniques ; l’augmentation des recettes fiscales ; l’accélération de l’industrialisation régionale.
Christian Mbelu appelle également les autorités à moderniser la carte géologique de la RDC. Il souligne que les principales données disponibles datent encore de la période coloniale, entre 1912 et les années 1980, et ne reflètent plus pleinement le potentiel actuel du sous-sol congolais.
Une actualisation de ces données permettrait une meilleure planification des investissements et une exploitation plus rationnelle des ressources naturelles.
Le cuivre du Kasaï-Oriental est connu depuis longtemps par les populations locales, notamment à travers des usages artisanaux tels que la fabrication de bracelets en cuivre rouge. Cette richesse, longtemps sous-exploitée, pourrait désormais devenir un moteur de développement économique structurant pour la région et pour l’ensemble du pays.
Rédaction
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