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RDC : 52 095 détenus dans les prisons, Guillaume Ngefa plaide pour un fonds spécial dédié à la justice | Africa Monde

RDC : 52 095 détenus dans les prisons, Guillaume Ngefa plaide pour un fonds spécial dédié à la justice

La modernisation du système judiciaire et l’amélioration des conditions de détention en République démocratique du Congo étaient au centre des échanges entre le ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa Atondoko Andali, et les députés nationaux.Auditi...
Le ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa Atondoko Andali
Le ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa Atondoko Andali

La modernisation du système judiciaire et l’amélioration des conditions de détention en République démocratique du Congo étaient au centre des échanges entre le ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa Atondoko Andali, et les députés nationaux.

Auditionné le mardi 20 octobre par la commission Suivi et Évaluation de l’exécution des lois, des résolutions, des recommandations et des politiques publiques de l’Assemblée nationale, le ministre a présenté un état des lieux de la situation carcérale et des défis auxquels fait face la magistrature congolaise.

Selon les chiffres communiqués par le ministre, la RDC compte actuellement 52 095 détenus sur l’ensemble du territoire national. Parmi eux, 11 835 sont des condamnés, tandis que 40 260 sont des prévenus en attente de jugement.

Le bilan fait également état de 80 femmes accompagnées d’enfants ou de nourrissons ainsi que de 27 femmes enceintes dans les établissements pénitentiaires.

Sur le plan des infrastructures, la cartographie nationale recense 214 prisons, dont 116 subventionnées, 24 non subventionnées et 74 non opérationnelles. Une situation qui illustre les difficultés liées à la capacité d’accueil des établissements, notamment celle de la prison centrale de Makala, confrontée à la surpopulation carcérale.

Face à ces défis, Guillaume Ngefa a évoqué les contraintes budgétaires et logistiques qui pèsent sur l’administration pénitentiaire, particulièrement les retards dans le décaissement des fonds destinés à l’alimentation et aux soins médicaux des détenus.

Pour améliorer la gestion des approvisionnements, le ministère envisage notamment un partenariat avec le Service national ainsi qu’une révision des contrats de fourniture. Des projets d’infrastructures sont également en cours, dont la construction d’une prison moderne à Mbandaka et la réhabilitation de certains établissements pénitentiaires.

Les échanges avec les députés nationaux ont aussi porté sur les difficultés d’accès à la justice dans plusieurs territoires du pays. La lutte contre les déserts judiciaires, le déploiement effectif des magistrats dans les juridictions de l’intérieur, les marchés publics et la prise en charge des personnes vulnérables ont notamment été abordés.

Le projet pilote de prison-école envisagé sur le site de l’île de Bulambemba, à Boma, dans la province du Kongo-Central, a également été évoqué.

S’agissant de la magistrature, le ministre a rappelé que la gestion du budget de fonctionnement et de rémunération relève de l’autonomie du Conseil supérieur de la magistrature, conformément aux dispositions légales. Il a, par ailleurs, réaffirmé la volonté du Gouvernement d’accompagner le pouvoir judiciaire à travers des infrastructures adaptées et un cadre de concertation renforcé avec cette institution.

Au terme de cette audition, Guillaume Ngefa a sollicité l’appui de l’Assemblée nationale en faveur de la création d’un fonds spécial de soutien à la justice. Cette initiative vise à mobiliser davantage de ressources pour répondre aux besoins du secteur et améliorer l’accès des citoyens aux services judiciaires.

Cette démarche intervient dans un contexte où la surpopulation carcérale, l’insuffisance des infrastructures et les difficultés de couverture judiciaire demeurent des défis majeurs pour le système judiciaire congolais.

Moïse KASHALA

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