Un nouveau rapport du Réseau pour les droits de l’homme tire la sonnette d’alarme sur la situation carcérale dans l’est de la République démocratique du Congo. Selon ce document de monitoring publié le 20 avril 2026, au moins 29 détenus ont perdu la vie au cours du premier trimestre dans les prisons de Beni et Butembo.
D’après les conclusions du rapport, ces décès ne sont pas des faits isolés, mais le symptôme d’un système pénitentiaire profondément fragilisé. Parmi les causes principales évoquées, figure en tête le surpeuplement carcéral, avec des établissements accueillant parfois plusieurs fois leur capacité normale. Cette promiscuité extrême favorise la propagation rapide des maladies, notamment respiratoires et infectieuses, dans un environnement déjà marqué par un manque criant d’hygiène.
Le REDHO pointe également le retard récurrent dans le paiement des subventions publiques destinées aux prisons. Cette situation impacte directement les conditions de vie des détenus : alimentation insuffisante, absence de soins médicaux adéquats et dégradation des infrastructures. Dans certains cas, les détenus dépendent quasi exclusivement de l’aide de leurs familles pour survivre.
Autre facteur aggravant : la lenteur dans le traitement des dossiers judiciaires. De nombreux prisonniers restent en détention préventive pendant de longues périodes sans jugement, contribuant à l’engorgement des maisons carcérales. Cette situation soulève des préoccupations majeures en matière de respect des droits fondamentaux et du principe de présomption d’innocence.
Face à ce tableau préoccupant, l’organisation appelle les autorités congolaises à prendre des mesures urgentes. Parmi les recommandations figurent l’accélération des procédures judiciaires, l’augmentation du budget alloué au secteur pénitentiaire, ainsi que la mise en place de mécanismes de désengorgement des prisons.
Ce rapport relance ainsi le débat sur la réforme du système pénitentiaire congolais, régulièrement dénoncé par les organisations de défense des droits humains comme étant l’un des maillons les plus faibles de l’appareil judiciaire du pays.
Moïse KASHALA
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