Aller au contenu principal

Africa Monde est votre média de référence pour les actualités congolaises et internationales. Politique, économie, culture, sport et bien plus.

Africa Monde est votre média de référence pour les actualités congolaises et internationales. Politique, économie, culture, sport et bien plus.

RDC - États-Unis : l’accord migratoire enflamme le débat, Delly Sessanga accuse Tshisekedi de “brader la souveraineté nationale” | Africa Monde

RDC - États-Unis : l’accord migratoire enflamme le débat, Delly Sessanga accuse Tshisekedi de “brader la souveraineté nationale”

Le climat politique se tend en République démocratique du Congo autour du nouvel accord migratoire conclu entre Kinshasa et Washington. Dans une intervention d’environ quatre minutes, l’opposant Delly Sessanga, président du parti Envol, a vivement critiqué le chef de l’État Félix Tshisek...
Delly Sessanga président de l'Envol
Delly Sessanga président de l'Envol

Le climat politique se tend en République démocratique du Congo autour du nouvel accord migratoire conclu entre Kinshasa et Washington. Dans une intervention d’environ quatre minutes, l’opposant Delly Sessanga, président du parti Envol, a vivement critiqué le chef de l’État Félix Tshisekedi, l’accusant de transformer le pays en « dépotoir » au service de la politique migratoire et sécuritaire américaine.

Selon l’opposant, cet accord prévoit le transfert vers la RDC de migrants expulsés des États-Unis. Présenté par les autorités congolaises comme un dispositif temporaire et entièrement financé par Washington, le mécanisme ferait de Kinshasa une zone de transit. Les personnes concernées bénéficieraient d’un titre de court séjour avant leur retour vers leurs pays d’origine.

Mais pour Delly Sessanga, ce schéma soulève de sérieuses inquiétudes. Il redoute notamment que le dispositif ne dépasse le cadre des migrants en situation irrégulière et inclue des profils jugés sensibles. Il évoque le cas d’Afghans ayant combattu aux côtés des forces américaines entre 2001 et 2021, qui pourraient être transférés de Doha vers la RDC. Une hypothèse qu’il juge préoccupante pour un pays qu’il qualifie déjà de « sinistré » sur le plan sécuritaire et socio-économique.

L’opposant pointe également un paradoxe : « Comment les États-Unis, dotés d’appareils sécuritaires puissants, refusent-ils d’accueillir certains profils à risque, tandis que la RDC, aux moyens limités, devrait en assurer la gestion ? », s’interroge-t-il. Il met en cause la capacité opérationnelle des services nationaux – notamment les FARDC, la PNC, l’ANR, la DGM et le Conseil national de cybersécurité – à encadrer un tel dispositif sans conséquences sécuritaires.

Dans son message, Delly Sessanga s’en prend aussi à la Première ministre, dénonçant une « solidarité décrétée » au détriment de la souveraineté nationale. Il estime que cet accord pourrait introduire une nouvelle source d’instabilité dans un pays déjà confronté à de multiples défis sécuritaires.

Il conclut par une mise en garde ferme : « Le Congo n’est ni à vendre ni une poubelle à louer au monde. Arrêtez cette politique. Revenez à l’intérêt général et à la préservation de l’indépendance nationale. »

Parallèlement, le projet suscite des résistances parmi les migrants concernés. Plus de 1 100 Afghans – hommes, femmes et enfants – auraient refusé depuis Doha leur transfert vers la RDC, invoquant des craintes liées à la sécurité et à l’absence de repères dans un pays qu’ils ne connaissent pas. Ils appellent les États-Unis à respecter les engagements pris lors de la guerre en Afghanistan, déclenchée après les attentats du Attentats du 11 septembre 2001.

Le dossier prend également une tournure diplomatique. La Colombie a dénoncé un traitement jugé « ostracisant » envers ses ressortissants et exige le rapatriement immédiat des Colombiens arrivés récemment à Kinshasa.

Ainsi, l’accord RDC–États-Unis cristallise les critiques de l’opposition, qui y voit une atteinte à la souveraineté nationale et un risque sécuritaire supplémentaire. De son côté, le gouvernement congolais continue de défendre un dispositif qu’il présente comme temporaire, encadré et bénéfique sur le plan financier. Le débat reste ouvert sur la capacité réelle du pays à gérer ce type de flux dans un contexte régional déjà fragile.

Moïse KASHALA 

LA REDACTION

Notre équipe éditoriale travaille sans relâche pour vous apporter les dernières actualités et analyses les plus pertinentes. Nous nous engageons à fournir un contenu de qualité, vérifié et objectif.

Commentaires 0

Aucun commentaire pour le moment

Soyez le premier à partager votre avis sur cet article !

Laisser un commentaire