À Kampala, la température politique est montée d’un cran après l’ultimatum de 48 heures lancé par le général Muhoozi Kainerugaba, chef d’état-major des Forces de défense du peuple ougandais (UPDF) et fils du président Yoweri Museveni, intimant à l’opposant Bobi Wine de se présenter à la police.
Cette mise en demeure intervient dans un contexte postélectoral déjà tendu, marqué par une contestation persistante des résultats et par une série de mesures judiciaires visant l’opposition. L’ancien chanteur devenu figure de proue du parti National Unity Platform (NUP) affirme avoir récemment échappé à un raid militaire contre sa résidence, une allégation qui renforce les craintes d’une escalade sécuritaire.
Selon les responsables du NUP, au moins 118 cadres et militants du parti font actuellement l’objet de poursuites pour de présumées « infractions électorales », des accusations que l’opposition qualifie de politiquement motivées. Pour les observateurs, cette multiplication de pressions judiciaires et sécuritaires alimente une atmosphère de défiance et ravive le spectre des violences politiques qui ont déjà endeuillé le pays lors des précédents cycles électoraux.
Au-delà de l’épreuve de force entre le pouvoir et l’opposition, cette situation met en lumière l’urgence d’ouvrir des canaux crédibles de dialogue, de garantir des procédures judiciaires transparentes et de restaurer la confiance civique. À défaut, préviennent plusieurs analystes, le risque est grand de voir la rue devenir l’arbitre ultime d’un différend politique qui appelle pourtant des réponses institutionnelles durables.
Alors que la communauté régionale et internationale observe avec attention l’évolution de la situation en Ouganda, les prochaines heures s’annoncent décisives pour l’équilibre politique du pays et la stabilité de la région des Grands Lacs.
Rédaction
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