Goma, République démocratique du Congo Alors que l’est de la RDC demeure le théâtre de violences persistantes, l’Union africaine (UA), en étroite collaboration avec la Mission des Nations unies pour la stabilisation en RDC (MONUSCO), intensifie ses initiatives diplomatiques afin d’arracher un cessez-le-feu durable entre les Forces armées de la RDC (FARDC) et les combattants du Mouvement du 23 mars (M23) dans la province du Nord-Kivu.
Depuis plusieurs mois, la reprise et l’intensification des affrontements ont aggravé la crise humanitaire, provoquant des déplacements massifs de populations et fragilisant davantage la stabilité de la région des Grands Lacs. Malgré les multiples appels à la retenue et les tentatives de médiation, les engagements de cessez-le-feu annoncés jusqu’ici ont régulièrement volé en éclats, rattrapés par de nouvelles offensives sur le terrain.
Un tournant diplomatique a toutefois été amorcé en octobre 2025 à Doha, avec la signature d’un accord entre le gouvernement congolais et le M23 portant sur la mise en place d’un mécanisme international de surveillance du cessez-le-feu. Ce dispositif réunit plusieurs acteurs clés, dont l’Union africaine, la MONUSCO, le Qatar, les États-Unis et la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL). Son objectif : contrôler le respect de la trêve, documenter les violations éventuelles et créer un minimum de confiance entre les parties pour ouvrir la voie à un règlement politique plus large.
Sur le plan opérationnel, la MONUSCO poursuit son appui aux FARDC, notamment dans la protection des civils et la sécurisation de certaines zones sensibles. Son mandat, récemment prolongé jusqu’à fin 2026, vise à consolider les efforts de stabilisation, même si sa présence reste sujette à débat au sein de l’opinion publique congolaise.
De son côté, l’Union africaine multiplie les consultations diplomatiques et appelle à une désescalade immédiate, consciente que la persistance des combats autour de Goma et le contrôle par le M23 de plusieurs axes stratégiques entravent gravement l’acheminement de l’aide humanitaire et compromettent l’application effective du cessez-le-feu.
Parallèlement, la question des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) demeure un facteur de complexité. Les autorités congolaises exhortent ces combattants à déposer les armes et à se rendre, soit aux FARDC, soit à la MONUSCO, en vue d’un processus de rapatriement vers le Rwanda, estimant que leur présence alimente les tensions régionales.
Si la mobilisation conjointe de l’UA et de la MONUSCO constitue une avancée diplomatique notable, de nombreux observateurs soulignent que la paix au Nord-Kivu dépendra avant tout de la mise en œuvre rigoureuse des engagements pris, de la volonté réelle des acteurs armés de respecter la trêve et d’une pression internationale constante pour accompagner un processus politique inclusif et durable.
Dan Banze lwaba
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