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Nord-Kivu : à Sake, les jeunes craignent de disparaître sans laisser de traces | Africa Monde

Nord-Kivu : à Sake, les jeunes craignent de disparaître sans laisser de traces

Une profonde inquiétude gagne une partie de la jeunesse à Sake, dans le territoire de Masisi, où des habitants disent vivre dans la peur des arrestations et des disparitions présumées sous le contrôle de l’AFC/M23.Dans cette cité marquée par des années de conflit, plusieurs familles affir...
La jeunesse de sake dans la province du Nord Kivu
La jeunesse de sake dans la province du Nord Kivu

Une profonde inquiétude gagne une partie de la jeunesse à Sake, dans le territoire de Masisi, où des habitants disent vivre dans la peur des arrestations et des disparitions présumées sous le contrôle de l’AFC/M23.

Dans cette cité marquée par des années de conflit, plusieurs familles affirment ne plus savoir vers qui se tourner lorsque l’un de leurs proches cesse de donner signe de vie.

« Nous vivons dans l’inquiétude. Chaque jour, nous apprenons qu’un jeune a disparu. Les familles ne savent plus à qui s’adresser ni où chercher leurs proches », témoigne un habitant de Sake ayant requis l’anonymat.

Cette situation alimente un climat de méfiance et d’angoisse, particulièrement chez les jeunes hommes, considérés par certains habitants comme davantage exposés aux interpellations.

Ces témoignages interviennent alors que Human Rights Watch a, par le passé, documenté des arrestations et des cas de recrutement forcé dans plusieurs zones contrôlées par le M23, notamment à Sake, Goma, Bukavu, Rutshuru et Masisi.

En janvier 2026, l’organisation avait également fait état d’opérations menées à Sake dans le cadre du couvre-feu, au cours desquelles des hommes auraient été arrêtés. Human Rights Watch rapportait que certains habitants estimaient être particulièrement vulnérables en raison de la perception de Sake comme une zone ayant résisté à l’avancée du M23.

Face à cette situation, certains habitants ont choisi de quitter Sake. C’est notamment le cas de Guillaume Baumann, retrouvé à Beni après avoir fui la cité.

Dans son témoignage recueilli pour ce reportage, il explique que la peur et l’incertitude ont pesé dans sa décision de partir.

« Nous vivons avec la peur au ventre. Quand un jeune disparaît, toute la communauté s’inquiète. On ne sait pas s’il a été arrêté, emmené ailleurs ou s’il lui est arrivé quelque chose de plus grave », témoigne-t-il.

Son récit illustre le sentiment d’insécurité qui pousse certains habitants à chercher refuge ailleurs, loin de leur milieu de vie habituel.

Pour les proches des personnes portées disparues, l’angoisse est d’autant plus forte que les informations restent difficiles à obtenir. Chaque absence prolongée nourrit les interrogations et plonge les familles dans l’attente.

Dans une région où les déplacements de populations se poursuivent sur fond de conflit, les habitants de Sake souhaitent avant tout retrouver un environnement où la sécurité, la liberté de circulation et les droits fondamentaux sont garantis.

Pour une partie de la jeunesse, le défi est désormais de pouvoir rester dans sa communauté sans avoir à vivre avec la crainte permanente d’une arrestation ou d’une disparition.

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