Une explosion meurtrière a secoué mercredi soir une mosquée située dans la zone du marché principal de Gamboru à Maiduguri, capitale de l’État de Borno dans le nord‑est du Nigeria. L’incident s’est produit vers 18 h00, au moment où les fidèles accomplissaient la prière du Maghrib, peu avant la tombée de la nuit.
Selon les autorités policières de l’État, un engin explosif improvisé (IED) semble avoir été utilisé, et les premiers éléments de l’enquête suggèrent qu’il pourrait s’agir d’un attentat suicide, sur la base de fragments d’un gilet explosif retrouvés sur les lieux et de plusieurs témoignages.
Les chiffres officiels restent partiels : la police de Borno a confirmé au moins cinq morts et 35 blessés, dont plusieurs grièvement, qui ont été évacués vers des hôpitaux de Maiduguri pour soins.
Des responsables locaux et témoins évoquent un bilan plus élevé, certains parlant de sept à huit personnes tuées, tandis que d’autres redoutent que le nombre de victimes soit encore plus important.
Selon des témoins oculaires, la détonation a causé une panique immédiate parmi les fidèles et les commerçants présents dans cette mosquée très fréquentée, située à proximité du marché de Gamboru où se rassemblent quotidiennement de nombreux habitants.
Le gouverneur de l’État de Borno, Babagana Zulum, a fermement condamné l’attaque, la qualifiant d’« inhumaine et barbare », et a appelé à une vigilance renforcée, notamment dans les lieux de culte et les espaces publics, en particulier pendant la période des fêtes de fin d’année.
Les forces de sécurité ont bouclé la zone, déployé des unités de déminage pour rechercher d’éventuels autres explosifs, et intensifié la présence policière dans les principaux axes de Maiduguri. Plus d’un millier d’agents ont été mobilisés dans tout l’État pour sécuriser les lieux de culte et les marchés.
Maiduguri se trouve au cœur de la lutte contre les insurrections djihadistes menées par Boko Haram et par son groupe dissident État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP) depuis plus de quinze ans. Bien que les violences aient globalement diminué par rapport à leur pic il y a une décennie, des attaques sporadiques, notamment des attentats suicides et l’usage d’engins explosifs improvisés, continuent de menacer les civils dans le nord‑est du Nigeria.
Aucune organisation n’a encore revendiqué formellement l’attaque de Maiduguri. Cependant, l’utilisation de techniques similaires à celles des groupes terroristes de la région rend probable l’implication d’un de ces groupes.
Moïse KASHALA
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