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Maniema : l’ISTM-Kindu conteste une thèse soutenue à l’UPN et exige une enquête | Africa Monde

Maniema : l’ISTM-Kindu conteste une thèse soutenue à l’UPN et exige une enquête

Une controverse académique oppose l’Institut supérieur des techniques médicales de Kindu (ISTM-Kindu) à l’Université pédagogique nationale (UPN) de Kinshasa, après la soutenance, le 18 août 2026, d’une thèse de doctorat en didactique des sciences de la santé présentée par le chef d...
Le directeur général de l’établissement, le professeur docteur Léon Cyprien Ngandu wa Ngandu, l’ISTM-Kindu
Le directeur général de l’établissement, le professeur docteur Léon Cyprien Ngandu wa Ngandu, l’ISTM-Kindu

Une controverse académique oppose l’Institut supérieur des techniques médicales de Kindu (ISTM-Kindu) à l’Université pédagogique nationale (UPN) de Kinshasa, après la soutenance, le 18 août 2026, d’une thèse de doctorat en didactique des sciences de la santé présentée par le chef de travaux Kibonge Pascal Désiré.

Dans un communiqué de presse référencé ISTM-KINDU/01/DG/2026, signé le 21 août 2026 par le directeur général de l’établissement, le professeur docteur Léon Cyprien Ngandu wa Ngandu, l’ISTM-Kindu affirme avoir officiellement saisi la rectrice de l’UPN afin de contester les conditions dans lesquelles cette recherche aurait été menée.

Selon la direction de l’ISTM-Kindu, l’établissement aurait été présenté comme un terrain exclusif de recherche. Pourtant, l’institut affirme n’avoir été ni informé ni associé aux différentes étapes de la collecte des données.

L’ISTM-Kindu évoque notamment l’absence, à sa connaissance, d’un protocole de recherche validé, d’une autorisation officielle d’accès au terrain, d’une approbation éthique ainsi que de consentements libres et éclairés des participants.

« L’ISTM-KINDU n’a jamais été saisi, informé ni associé à aucune phase de cette recherche », affirme l’institution dans son communiqué.

L’établissement dénonce également ce qu’il considère comme des manquements aux règles éthiques encadrant la recherche impliquant des êtres humains.

Pour étayer sa position, l’ISTM-Kindu cite notamment le Code de Nuremberg de 1947, la Déclaration d’Helsinki de 1964, le Rapport Belmont de 1979, ainsi que plusieurs textes congolais relatifs à la recherche biomédicale et à la protection des données personnelles.

L’institution estime que ces différents éléments doivent être vérifiés par les autorités académiques compétentes.

L’ISTM-Kindu va plus loin en faisant état de « fortes présomptions de fraude scientifique ».

Selon son communiqué, l’absence présumée de collecte des données sur le terrain concerné pourrait soulever des interrogations sur la fiabilité des informations utilisées dans la thèse. L’établissement évoque ainsi des risques de fabrication ou de falsification de données, voire de plagiat.

Ces accusations restent toutefois celles formulées par l’ISTM-Kindu et devront être confrontées aux explications du chercheur, aux éventuelles réponses de l’UPN et aux conclusions d’une procédure contradictoire.

La direction de l’ISTM-Kindu réagit par ailleurs à certaines affirmations qu’elle attribue au chercheur dans sa thèse et dans ses interventions publiques après la soutenance.

L’établissement estime avoir été présenté comme une institution utilisant des méthodes pédagogiques dépassées, manquant d’équipements et ne disposant pas d’un système suffisant de formation continue de son personnel enseignant.

L’ISTM-Kindu rejette ces affirmations et dit disposer d’éléments documentaires permettant de présenter sa propre réalité institutionnelle.

Face à cette situation, le comité de gestion de l’ISTM-Kindu demande à la rectrice de l’UPN de diligenter une enquête académique et scientifique approfondie sur les conditions de réalisation et de soutenance de la thèse.

L’institut réclame également la suspension des effets académiques liés à la soutenance, dans l’attente des conclusions de l’enquête.

Il souhaite enfin que soient produites les principales pièces permettant d’établir la régularité de la recherche, notamment le protocole validé, les avis éthiques, les autorisations de collecte et d’accès au terrain ainsi que les consentements des participants.

L’affaire est désormais entre les mains des autorités académiques compétentes, appelées à établir les faits et à déterminer si les procédures scientifiques et éthiques applicables ont effectivement été respectées.

Emmanuel NDJADI Pascal

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