À Tshamilemba, quartier situé dans la commune Annexe à Lubumbashi, les conséquences environnementales de plusieurs années d’exploitation minière continuent de susciter l’inquiétude des habitants. Plus de deux décennies après l’installation de l’usine de traitement de minerais de Chemical of Africa (Chemaf) à Usoke, les communautés locales affirment vivre avec un héritage marqué par la pollution et les risques sanitaires.
Depuis la délocalisation des activités industrielles de l’entreprise vers la mine de Kalukuluku, plusieurs infrastructures liées à l’exploitation minière ont été abandonnées sur place. Parmi elles figurent des bassins de rejets qui, selon les riverains, représentent aujourd’hui un danger permanent pour la population.
Le drame le plus marquant reste la mort de Christian Bulafya Mwana, un jeune habitant retrouvé noyé dans l’un de ces bassins laissés sans protection. Pour les familles et les habitants du secteur, cet accident illustre les conséquences de l’absence de sécurisation des anciennes installations minières.
Au-delà des risques physiques, les résidents dénoncent également une dégradation persistante de leur environnement. Plusieurs témoignages recueillis sur place font état de préoccupations liées à la qualité de l’eau consommée à partir de puits locaux, à la pollution de l’air ainsi qu’à l’état des sols. Certains habitants évoquent également des cas récurrents de maladies cutanées et de troubles respiratoires qu’ils attribuent à l’activité minière passée.
Face à cette situation, des organisations de défense des droits humains et des acteurs de la société civile appellent à la réalisation d’études environnementales indépendantes afin d’évaluer l’ampleur réelle de la pollution et ses éventuelles conséquences sur la santé publique.
Les communautés affectées réclament par ailleurs la réhabilitation des sites abandonnés, la sécurisation des bassins de rejets ainsi que la mise en œuvre de mesures de réparation en faveur des populations qui estiment avoir supporté pendant des années le coût environnemental de l’exploitation du cuivre et du cobalt.
À Tshamilemba, la question reste entière : qui prendra en charge l’assainissement d’un environnement que les habitants jugent encore profondément marqué par plus de vingt ans d’activité minière ?
Rédaction
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