L’insécurité grandissante à Lubumbashi continue de susciter de vives réactions. Dans une interview accordée au média africamonde.net, Maître Guy Kalenga, cadre du parti politique UNAFEC, est monté au créneau pour dénoncer une situation qu’il qualifie de « désolante et préoccupante ».
Cadre de l’UNAFEC, parti dirigé par son président et autorité morale Nadislas Nongangé, Maître Guy Kalenga est revenu sur une vidéo largement relayée sur les réseaux sociaux, montrant une opération criminelle menée en toute quiétude, en face même d’un service de sécurité communautaire, notamment le Bureau de la Coordination de la Réserve de Sécurité (BCRS).
« Nous avons tous suivi cette vidéo. Elle nous a profondément inquiétés. Comment une telle opération peut-elle se dérouler paisiblement, en plein jour, devant un service de sécurité censé protéger les citoyens ? », s’est-il interrogé.
Tout en dénonçant les failles sécuritaires, Maître Guy Kalenga a tenu à saluer la réaction rapide du gouverneur du Haut-Katanga, Martin Kazembe, qu’il a qualifié d’autorité proche de la population.
« À peine rentré dans la province, le gouverneur a pris ce dossier à cœur. Il s’est rendu sur place pour compatir avec les victimes et s’imprégner personnellement de la situation. C’est la preuve d’un leadership de proximité », a-t-il souligné.
En tant que technicien dans le domaine sécuritaire, Maître Kalenga estime qu’il est impératif d’interpeller l’officier de permanence et tous les policiers affectés à la garde le jour des faits.
« C’est inconcevable que des citoyens soient attaqués alors que la police est censée être là pour les protéger. Il faut des sanctions claires et des responsabilités établies », a-t-il insisté.
Il a également appelé le ministère de l’Intérieur et le commandement provincial de la Police nationale congolaise, qu’il reconnaît pourtant comme dynamique, à revoir en profondeur les stratégies sécuritaires actuelles.
Parmi les solutions proposées, Maître Guy Kalenga a mis l’accent sur la redynamisation de la police de proximité. Selon lui, les interventions arrivent souvent après les opérations criminelles, ce qui réduit leur efficacité.
« Il est inadmissible qu’un quartier soit attaqué sans réaction immédiate d’un poste de police situé à proximité. La passivité de certains éléments pose question », a-t-il déclaré.
Il recommande notamment la permutation régulière des officiers et une évaluation stricte des unités de terrain afin d’éradiquer durablement l’insécurité dans la ville de Lubumbashi.
Autre point clé soulevé par Maître Kalenga : l’identification claire des véhicules des policiers et des militaires.
« Aujourd’hui, des criminels se déguisent en policiers ou en militaires et utilisent des véhicules non identifiés pour semer la terreur. Cela nuit gravement à l’image de la police et des FARDC », a-t-il expliqué.
Il plaide pour la mise en place d’un système officiel d’identification visible et standardisé sur tous les véhicules des forces de sécurité, afin de distinguer les vrais agents des ennemis de la paix
Pour Maître Guy Kalenga, la police et les FARDC restent des piliers essentiels dans la restauration de la paix, conformément à la vision des autorités nationales et provinciales. Mais cette mission ne pourra être accomplie que si des réformes concrètes, courageuses et visibles sont mises en œuvre.
« La sécurité des citoyens doit rester une priorité absolue. Nous devons agir maintenant, avant que la situation ne devienne incontrôlable », a-t-il conclu.
Rédaction
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