La mairie de Lubumbashi, chef-lieu de la province du Haut-Katanga, a officiellement annoncé une nouvelle mesure visant à encadrer strictement les activités politiques dans l’espace urbain.
Dans un communiqué publié le 7 avril 2026, la maire intérimaire, Joyce Tunda Kazadi, a interdit formellement l’organisation des réunions à caractère politique par des jeunes affiliés aux partis politiques dans les espaces publics.
Selon l’autorité urbaine, cette décision s’inscrit dans une logique de préservation de l’ordre public, de la tranquillité sociale et du bon usage des infrastructures publiques. Elle répond également à la nécessité de prévenir les débordements et attroupements non encadrés susceptibles de perturber la quiétude des habitants.
« Dans le souci de préserver l’ordre public, la quiétude sociale ainsi que le bon usage des espaces publics, les réunions à caractère politique organisées par des jeunes affiliés aux partis politiques dans les lieux publics sont désormais strictement interdites », précise le communiqué.
En conséquence, les partis politiques sont désormais contraints d’organiser leurs activités exclusivement dans leurs sièges ou permanences officielles. Une orientation qui vise à mieux structurer les actions politiques et à en faciliter le contrôle par les autorités compétentes.
La mairie a par ailleurs mis en garde contre toute violation de cette mesure, soulignant que des sanctions sont prévues à l’encontre des contrevenants, conformément aux lois en vigueur.
Pour assurer l’effectivité de cette décision, les bourgmestres des différentes communes ainsi que les services de sécurité ont été instruits de veiller à son application stricte sur toute l’étendue de la ville.
Cette initiative intervient dans un contexte politique marqué par une forte mobilisation des bases militantes, notamment au sein des partis membres de l’Union sacrée, la plateforme soutenant le président Félix Tshisekedi.
Si les autorités municipales justifient cette décision par des impératifs sécuritaires, elle soulève également des interrogations quant à son impact sur la liberté de réunion et l’expression politique, en particulier chez les jeunes souvent en première ligne des activités partisanes.
À terme, cette mesure pourrait redéfinir les modes d’animation politique à Lubumbashi, en privilégiant des cadres plus formels et institutionnels, au détriment des mobilisations spontanées dans l’espace public. Reste à voir dans quelle mesure les acteurs politiques s’y conformeront et comment elle sera appliquée sur le terrain.
Moïse KASHALA
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