La reprise des activités scolaires demeure timide dans plusieurs établissements de la ville de Kolwezi, chef-lieu de la province du Lualaba, une semaine après la rentrée officielle sur toute l’étendue de la République démocratique du Congo.
Dans les rues, aux arrêts de bus comme aux abords des écoles, l’ambiance habituelle de la rentrée peine à se faire sentir. Peu d’élèves en uniforme, circulation réduite aux heures scolaires : le constat est frappant.
Selon une ronde effectuée ce week-end par les reporters d’Africamonde.net dans plusieurs établissements éducatifs de la commune de Manika, la présence des élèves reste très irrégulière. Au complexe scolaire Espoir et à l’école Suzanne, notamment, seules quelques dizaines d’enfants ont répondu présents, loin des effectifs habituels.
Interrogés, plusieurs parents évoquent un climat sécuritaire jugé préoccupant ces derniers jours dans la ville minière de Kolwezi.
« Nous avons peur d’envoyer nos enfants à l’école, car la situation sécuritaire s’est détériorée récemment dans la ville », confie un parent d’élève ayant requis l’anonymat.
« Nous demandons aux autorités politico-administratives de prendre cette situation au sérieux, car cela risque de perturber gravement le calendrier scolaire », ajoute-t-il.
Cette inquiétude est largement partagée au sein de la population, notamment après les tensions enregistrées la semaine dernière entre les creuseurs artisanaux et les forces de l’ordre, à la suite d’une marche de protestation organisée par des représentants des exploitants miniers artisanaux.
Face aux rumeurs persistantes faisant état d’une prétendue suspension des cours à Kolwezi, le gouvernement provincial du Lualaba, à travers le ministère provincial de l’Éducation, a publié un communiqué officiel au cours de la semaine écoulée.
Dans ce document, les autorités démentent formellement toute interruption des activités scolaires et appellent les parents à envoyer leurs enfants à l’école. Le gouvernement provincial assure que la situation sécuritaire est « maîtrisée et sous le contrôle de l’État », tout en mettant en garde contre les fausses informations véhiculées sur les réseaux sociaux.
Un enjeu majeur pour l’année scolaire
Malgré ces assurances, la méfiance persiste chez de nombreux parents, ce qui pourrait compromettre le bon déroulement de l’année scolaire 2025-2026 si la situation ne se normalise pas rapidement. Les acteurs du secteur éducatif redoutent déjà un retard dans l’exécution du programme national et appellent à des mesures concrètes pour restaurer la confiance des familles.
En attendant, les écoles de Kolwezi poursuivent les cours avec des salles de classe à moitié vides, dans l’espoir d’un retour progressif des élèves dans les prochains jours.
Moïse Tshilombo Bakadiasa
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