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Kongo Central : 427 détenus pour 150 places, Guillaume Ngefa face à l’urgence carcérale à Mbanza-Ngungu | Africa Monde

Kongo Central : 427 détenus pour 150 places, Guillaume Ngefa face à l’urgence carcérale à Mbanza-Ngungu

La situation carcérale à Mbanza-Ngungu reste particulièrement préoccupante. En visite dans cette ville du Kongo Central, le ministre d’État, ministre de la Justice et garde des Sceaux, Guillaume Ngefa Atondoko Andali, a été confronté à une prison largement surpeuplée, à des conditions d...
Le ministre de la Justice et garde des Sceaux, Guillaume Ngefa Atondoko Andali,
Le ministre de la Justice et garde des Sceaux, Guillaume Ngefa Atondoko Andali,

La situation carcérale à Mbanza-Ngungu reste particulièrement préoccupante. En visite dans cette ville du Kongo Central, le ministre d’État, ministre de la Justice et garde des Sceaux, Guillaume Ngefa Atondoko Andali, a été confronté à une prison largement surpeuplée, à des conditions de détention difficiles et à des infrastructures judiciaires fortement dégradées.


Cette étape constitue la deuxième phase de la mission officielle du ministre dans la province. Elle lui a permis de visiter les services judiciaires et pénitentiaires, d’échanger avec leurs responsables et de recueillir directement les préoccupations des détenus.

À la prison centrale de Mbanza-Ngungu, le directeur de l’établissement, Trésor Malonda Nsanga, a présenté au ministre la situation de la maison carcérale.

L’établissement compte actuellement 427 détenus pour une capacité d’accueil de 150 places, soit près de trois fois sa capacité théorique. Parmi les personnes détenues, 191 sont des prévenus et 236 des condamnés. L’effectif comprend également sept femmes et deux mineurs.

Installée dans les locaux d’une ancienne maternité, la prison souffre d’un manque criant d’espace et d’infrastructures adaptées. La séparation entre les différentes catégories de détenus demeure difficile. Si les femmes disposent d’un espace distinct, prévenus et condamnés cohabitent encore, tandis que les mineurs ne bénéficient pas d’un quartier spécialement aménagé pour eux.

La surpopulation se conjugue à un manque important d’équipements. Faute de couchettes suffisantes, plusieurs détenus seraient contraints de dormir à même le sol.

Les installations sanitaires sont également insuffisantes. Sur le plan alimentaire, la direction de la prison indique que les détenus ne reçoivent actuellement qu’un repas par jour.

La situation sanitaire constitue une autre source d’inquiétude. Des cas de tuberculose et de choléra ont été signalés. Le poste de santé de la prison, confronté à des moyens limités, assure essentiellement les soins de première nécessité. Les cas plus graves sont transférés vers l’Hôpital général de référence de Mbanza-Ngungu.

À cela s’ajoute une difficulté financière majeure : selon la direction de l’établissement, la prison n’aurait plus bénéficié de subventions depuis cinq mois.

Face à cette situation, Guillaume Ngefa a choisi de rencontrer directement plusieurs détenus afin de recueillir leurs témoignages et leurs préoccupations.


Les échanges ont notamment porté sur les conditions de détention, l’alimentation, l’accès aux soins médicaux ainsi que le suivi des procédures judiciaires.

Cette démarche permet au ministère de confronter les rapports administratifs aux réalités vécues quotidiennement par les personnes privées de liberté.

Au Parquet de grande instance de Mbanza-Ngungu, le ministre d’État a découvert une infrastructure particulièrement vétuste. Le service fonctionne dans une structure en bois datant de 1956, aujourd’hui fortement dégradée.

L’état de ce bâtiment soulève des préoccupations quant aux conditions de travail des magistrats et du personnel judiciaire, mais également à l’accueil des justiciables.

Pour le ministère de la Justice, l’amélioration de l’accès à la justice passe aussi par la modernisation des infrastructures judiciaires et pénitentiaires, notamment dans les provinces.

La visite de Mbanza-Ngungu s’inscrit dans la volonté du ministre de dresser un état des lieux des besoins réels des services judiciaires et pénitentiaires du Kongo Central.

Les priorités identifiées concernent notamment le désengorgement des établissements pénitentiaires, l’amélioration des conditions de détention, la prise en charge des personnes vulnérables et la réhabilitation des infrastructures judiciaires.

L’enjeu est désormais de traduire ces constats en décisions concrètes afin d'améliorer le fonctionnement de la chaîne judiciaire et les conditions de vie des personnes détenues.

Après Mbanza-Ngungu, Guillaume Ngefa doit poursuivre sa mission dans le Kongo Central avec des étapes annoncées à Matadi, Boma et Muanda.

À travers cette tournée, le ministère entend rapprocher les politiques publiques des réalités du terrain et faire des difficultés constatées dans les juridictions et prisons des priorités d’intervention.

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