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Kolwezi : des violences opposent creuseurs et forces de l’ordre, plusieurs véhicules incendiés et des blessés signalés. | Africa Monde

Kolwezi : des violences opposent creuseurs et forces de l’ordre, plusieurs véhicules incendiés et des blessés signalés.

La situation reste préoccupante à Kolwezi, chef-lieu de la province du Lualaba, où les manifestations des creuseurs artisanaux se sont poursuivies ce mardi. Ces nouvelles tensions interviennent au lendemain d’une première journée de violences, sur fond de contestation des mesures encadrant lâ...
Des creuseurs artisanaux , ( photo d'illustration)
Des creuseurs artisanaux , ( photo d'illustration)

La situation reste préoccupante à Kolwezi, chef-lieu de la province du Lualaba, où les manifestations des creuseurs artisanaux se sont poursuivies ce mardi. Ces nouvelles tensions interviennent au lendemain d’une première journée de violences, sur fond de contestation des mesures encadrant l’exploitation et la commercialisation des minerais.

D’après les informations rapportées sur place, une dizaine de véhicules auraient été incendiés à l’entrée du quartier UCK, parmi lesquels sept camions transportant des minerais. Sur l’axe routier reliant Kasulo à Luilu, d’autres véhicules auraient été caillassés, tandis que plusieurs passagers auraient été blessés.

La situation a également nécessité l’intervention des forces de l’ordre. La police aurait eu recours à des gaz lacrymogènes dans les secteurs de Kasulo et de Kazembe afin de disperser les manifestants et de tenter de rétablir l’ordre.

À ce stade, le bilan définitif des violences, notamment le nombre exact de blessés, l’ampleur des dégâts matériels et les éventuelles interpellations, reste à préciser.

À l’origine de cette mobilisation, les creuseurs artisanaux expriment leur mécontentement face au renforcement des contrôles ainsi qu’à la fermeture de certains centres de traitement et comptoirs d’achat de minerais.

Selon les manifestants, ces restrictions compliquent considérablement la commercialisation de leur production. Pour de nombreux exploitants artisanaux, dont les revenus dépendent directement de l’extraction et de la vente des minerais, les difficultés d’accès aux circuits de commercialisation constituent une source majeure de précarité.

Au-delà des pertes financières immédiates, cette situation pourrait également affecter les personnes qui dépendent indirectement de l’activité minière artisanale, notamment les transporteurs, les négociants et les petits commerçants opérant dans les zones minières.

Toutefois, les raisons précises de la fermeture des centres concernés, les mesures de contrôle appliquées et les réponses des autorités compétentes restent à documenter afin de mieux comprendre les causes du différend.

L’une des principales revendications des creuseurs concerne la mise en œuvre effective des 33 zones d’exploitation artisanale (ZEA) annoncées par le gouvernement.

Ces espaces sont censés offrir un cadre légal aux activités des exploitants artisanaux, en leur permettant de travailler dans des périmètres prévus à cet effet et dans le respect des règles applicables au secteur minier.

Pour les manifestants, l’enjeu est désormais de passer des annonces aux réalisations concrètes. Ils attendent notamment des éclaircissements sur la délimitation des zones, leur disponibilité effective, les conditions d’accès et les modalités d’organisation de l’exploitation.

En l’absence d’espaces accessibles et effectivement opérationnels, les creuseurs risquent de se retrouver confrontés à des restrictions d’activité sans disposer d’alternatives économiques suffisantes.

La question des sites miniers repris par l’État alimente également les tensions. Les manifestants contestent notamment la reprise de certains périmètres dans lesquels ils exerçaient leurs activités, dont le site de Kamilombe.

Cette contestation met en évidence les difficultés liées à la coexistence entre l’exploitation minière industrielle, les activités artisanales et les impératifs de réglementation du secteur.

La crise de Kolwezi soulève une question fondamentale : comment renforcer le contrôle de l’exploitation minière tout en préservant les moyens de subsistance des milliers de personnes qui dépendent de l’activité artisanale ?

La formalisation de ce secteur constitue un enjeu important pour la traçabilité des minerais, la sécurité des travailleurs et la lutte contre les circuits commerciaux irréguliers. Cependant, les mesures de contrôle risquent d’accentuer les tensions lorsqu’elles ne sont pas accompagnées de solutions concrètes permettant aux exploitants de poursuivre légalement leurs activités.

Une réponse durable nécessiterait notamment un dialogue entre les représentants des creuseurs, les autorités provinciales, les services techniques compétents et les opérateurs miniers concernés. La clarification du statut des sites contestés, l’opérationnalisation des ZEA annoncées et la transparence sur les conditions d’achat des minerais pourraient contribuer à réduire les incompréhensions.

La protection des personnes et des biens demeure également une priorité. Les incendies de véhicules, les jets de pierres et l’utilisation de gaz lacrymogènes exposent les manifestants, les passagers et les riverains à des risques supplémentaires.

Alors que la mobilisation entre dans sa deuxième journée, la tension demeure palpable dans plusieurs secteurs de Kolwezi. L’évolution des manifestations dépendra notamment de la capacité des autorités à rétablir le calme et à apporter des réponses aux revendications des creuseurs.

Aucune conclusion définitive ne peut toutefois être tirée sur le bilan humain et matériel sans confirmation auprès des services compétents.

Au-delà des incidents enregistrés, cette nouvelle flambée de violences rappelle l’urgence de trouver un équilibre entre la gouvernance du secteur minier, le respect de la réglementation et la nécessité de préserver les revenus des exploitants artisanaux.

À Kolwezi, l’enjeu est désormais d’éviter une nouvelle escalade et de privilégier une solution concertée à une crise qui touche à la fois la sécurité publique et les moyens de subsistance de nombreux ménages.

Moïse KASHALA 

LA REDACTION

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