La circulation a été fortement perturbée ce lundi matin dans plusieurs quartiers de la commune de Kintambo, au centre de la capitale congolaise, à la suite d’une grève des chauffeurs de transport en commun. À l’origine de ce mouvement d’humeur : la fin de la courtoisie routière et l’application stricte de nouvelles mesures réglementaires imposées par les autorités urbaines.
Les associations de chauffeurs dénoncent ce qu’elles qualifient de décisions « brutales » et « socialement insoutenables ». Désormais, tout conducteur est tenu de remplir quatre conditions obligatoires avant de circuler : être en règle avec la vignette, disposer d’un permis de conduire valide, présenter une assurance en cours de validité et réussir le contrôle technique du véhicule.
Pour de nombreux chauffeurs, ces exigences représentent un fardeau financier considérable. « Pour être totalement en ordre, il faut dépenser près de 600 dollars américains. C’est une somme que la majorité des chauffeurs ne peut pas se permettre », explique Elvis Bomoyi, chauffeur de taxi desservant la ligne Kintambo Magasin – Gare centrale.
Au-delà de la revendication corporatiste, cette grève révèle une réalité socio-économique préoccupante. Dans une ville où le transport en commun repose en grande partie sur des opérateurs privés informels, toute perturbation a des conséquences immédiates sur la vie quotidienne des habitants, en particulier les travailleurs, les élèves et les petits commerçants.
Si les autorités justifient ces mesures par la nécessité de renforcer la sécurité routière, réduire les accidents et assainir le secteur du transport urbain, les chauffeurs estiment qu’aucun mécanisme d’accompagnement n’a été prévu pour faciliter la transition.
Face à cette tension grandissante, de nombreuses voix appellent le gouvernement provincial et les services concernés à ouvrir un dialogue inclusif, afin de concilier exigences réglementaires, réalités économiques des chauffeurs et droit fondamental des Kinois à une mobilité accessible et sécurisée.
Sans compromis rapide, cette crise pourrait durablement fragiliser un secteur déjà précaire et accentuer les difficultés de déplacement dans une mégapole confrontée à d’énormes défis urbains.
THÉRÈSE NKWO
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