Le Tribunal de grande instance de Tshimbulu, dans la province du Kasaï-Central, ne fonctionne plus depuis plus de deux ans en raison d’un manque de magistrats, une situation qui inquiète profondément la société civile locale.
Selon une alerte relayée ce mercredi par Radio Okapi, cette paralysie judiciaire a des conséquences directes sur la population carcérale et sur l’ensemble du système judiciaire dans la zone. Plus d’une soixantaine de détenus seraient actuellement maintenus en détention sans jugement, certains depuis des périodes prolongées, faute de sessions judiciaires régulières.
L’absence de juges empêche la tenue des audiences, le traitement des dossiers et le règlement des contentieux civils et pénaux. Dans les faits, la juridiction est pratiquement inactive, laissant de nombreux dossiers en suspens et des prévenus dans une situation d’incertitude juridique prolongée.
La société civile dénonce une violation des principes fondamentaux de la justice, notamment le droit à un procès équitable et dans un délai raisonnable. Elle estime que cette situation contribue à engorger davantage les prisons locales et à fragiliser l’État de droit dans cette partie du pays.
Face à cette crise, les organisations citoyennes appellent le Conseil supérieur de la magistrature ainsi que le ministère de la Justice à agir rapidement pour affecter des magistrats au Tribunal de grande instance de Tshimbulu.
Elles estiment qu’une réhabilitation urgente de cette juridiction est indispensable pour restaurer la confiance des citoyens envers le système judiciaire et éviter que la détention prolongée de plusieurs personnes ne dégénère en crise humanitaire et sociale.
Cette situation met également en lumière les difficultés structurelles du système judiciaire dans plusieurs régions de la République démocratique du Congo, notamment le manque de personnel judiciaire, les conditions de travail précaires et l’éloignement des institutions centrales.
En attendant une réponse des autorités, la population de Tshimbulu continue de vivre avec une justice quasi inexistante, tandis que des dizaines de détenus demeurent dans l’attente d’un procès qui tarde à venir.
Moïse KASHALA
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