Dans le territoire de Kamiji, précisément dans le secteur de Luekeshi, une situation jugée préoccupante est dénoncée par plusieurs usagers de la Route nationale n°40 (RN40). Au niveau du pont Lubilanji, une barrière assimilée à un poste de contrôle aurait été installée par des agents de sécurité, provoquant l’indignation de la population.
Selon les témoignages recueillis par les reporters d’Africa Monde Net, cette barrière serait tenue par des agents appartenant notamment à la Direction générale de migration (DGM), à l’Agence nationale de renseignements (ANR) ainsi qu’à la Police nationale congolaise (PNC). Toutefois, plusieurs passagers dénoncent ce qu’ils qualifient de « faux poste de contrôle », transformé en lieu de perception illégale d’argent.
D’après certains voyageurs, chaque passager serait contraint de payer une somme variant entre 1 000 et 10 000 francs congolais, y compris les simples piétons. Face à cette pratique, beaucoup affirment se sentir obligés de s’exécuter par crainte de représailles.
« Nous payons parce que nous avons peur. Le lieu est isolé, il n’y a pas de réseau ni de moyen de communication. Nous craignons même d’être jetés dans la rivière si nous refusons », confie l’un des passagers interrogés.
Les usagers de la RN40 s’inquiètent également des conséquences sécuritaires d’une telle pratique. Selon eux, le fait de laisser passer les personnes uniquement contre paiement pourrait faciliter l’infiltration de malfrats ou de personnes mal intentionnées dans le territoire. Ils s’interrogent également sur la conformité de ces actes avec la politique du « peuple d’abord » prônée par le chef de l’État, estimant que ces pratiques s’apparentent davantage à un sabotage de l’autorité de l’État.
Interrogé à ce sujet, l’inspecteur territorial de la Direction générale de migration aurait affirmé disposer d’une autorisation lui permettant de mener cette opération. Selon lui, cette décision aurait été motivée par l’absence de moyens financiers pour le déploiement des agents sur le terrain. Il a également soutenu que toute personne disposant de l’autorité gouvernementale pouvait vérifier cette situation, affirmant agir sous la protection d’une « force » derrière lui.
Face à cette situation, plusieurs habitants et voyageurs appellent la hiérarchie territoriale et provinciale à intervenir rapidement afin de mettre fin à cette barrière controversée. Ils redoutent que la persistance de ces pratiques n’entraîne des abus plus graves et ne fragilise davantage la confiance entre la population et les services de sécurité.
Pour de nombreux observateurs locaux, seule une enquête approfondie des autorités compétentes permettra d’éclairer l’opinion et de déterminer si ce poste de contrôle relève d’une mission officielle ou d’un système de perception illégale préjudiciable aux usagers de la route.
Zephirin Tshimanga Mukadi
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