Quatre militants du mouvement citoyen Lutte pour le Changement (LUCHA) ont été interpellés ce mardi 20 janvier 2026 à Kalemie, à l’issue d’une manifestation pacifique organisée devant l’hôtel de ville. Cette action visait à dénoncer l’insécurité persistante qui continue d’endeuiller la population de la ville et de l’ensemble de la province du Tanganyika.
Selon des témoins sur place, les militants entendaient attirer l’attention des autorités locales sur la recrudescence des actes criminels — vols à main armée, agressions nocturnes et banditisme urbain — qui plongent les habitants dans un climat de peur depuis plusieurs mois. Munis de pancartes et scandant des messages citoyens, ils réclamaient une réponse sécuritaire plus efficace et une meilleure protection des personnes et de leurs biens.
L’interpellation de ces quatre activistes a rapidement suscité de vives réactions au sein de la société civile, des organisations de défense des droits humains et de plusieurs mouvements citoyens. Ces derniers dénoncent ce qu’ils considèrent comme une atteinte grave aux libertés fondamentales, notamment la liberté d’expression et le droit de réunion pacifique, pourtant garantis par la Constitution de la République démocratique du Congo.
« Au lieu d’écouter les revendications légitimes de la population, on criminalise l’engagement citoyen », déplore un acteur de la société civile locale, appelant à la libération immédiate et sans condition des militants arrêtés.
Dans un contexte où l’insécurité demeure l’un des principaux défis à Kalemie, plusieurs analystes estiment que la répression des mouvements citoyens risque d’aggraver le fossé entre les autorités et la population. Pour eux, la restauration de la confiance passe nécessairement par le respect des droits humains, le dialogue avec les citoyens et une gouvernance locale davantage orientée vers la prévention des violences.
Alors que les regards restent tournés vers le sort des militants interpellés, cette affaire relance une fois de plus le débat sur la place de l’engagement citoyen en RDC et sur la capacité des institutions à répondre, de manière démocratique, aux préoccupations sécuritaires des populations.
Rédaction
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